Monsieur le ministre,

Pour la cinquième année consécutive, la SNCB a procédé à une hausse des tarifs de ses abonnements et cartes trains. Cette adaptation tarifaire touche plus durement les abonnements domicile-travail ainsi que les abonnements scolaires et les cartes campus (+2,87%) tandis que les tarifs loisirs sont rendus plus attractifs.

L’augmentation pour les étudiants est d’autant plus incompréhensible que c’est la génération qui est du côté des solutions face à la crise climatique : c’est la génération des marches pour le climat, qui se bat contre le plastique et renonce aux voyages en avions. C’est sur elle qu’il faut miser pour amorcer les changements de comportements dont notre planète a besoin. Quel signal leur envoie-t-on ?

Plus inquiétant encore, cette mesure va contribuer au renforcement de la précarité à laquelle de nombreux étudiants sont confrontés.

Monsieur le ministre :

  • Pourriez-vous m’éclairer sur la stratégie qui se cache derrière ces augmentations tarifaires ciblées ?
  • Quels bénéfices la SNCB réalise-t-elle actuellement sur les abonnements scolaires et cartes campus ?
  • Quels bénéfices projette-t-elle de dégager via cette mesure ?

Je vous remercie, monsieur le Ministre, pour vos réponses à mes questions.

 

Réponse du Ministre Bellot : 

La SNCB adapte ses tarifs chaque année conformément au contrat de gestion. La hausse qui interviendra au 1er février2020 a été approuvée par le conseil d’administration.

Pour tirer une conclusion valable concernant les hausses tarifaires, la SNCB prend en compte les produits dans leur globalité, et non un produit distinct, ce qui pourrait fausser les résultats. En 2014, les produits de la SNCB ont augmenté globalement de 1,42%, en 2016 de 1,21%, en 2017 de 2,93% et en 2018 de 1,84%. Il n’y a pas eu de hausse en 2015. La SNCB persiste dans sa stratégie visant à accroître l’attractivité du transport ferroviaire pour les voyageurs « loisir ».

Dans cette même logique, l’adaptation tarifaire moyenne (+1,53%) du billet standard et du billet week-end reste sous l’indice santé, qui est de 1,87% dans la période de référence juin2018-juin2019. Cette augmentation découle des objectifs atteints en termes de ponctualité ainsi que d’évolution de l’indice santé.

L’adaptation du prix des abonnements domicile-travail et des abonnements scolaires, dont l’évolution repose partiellement sur l’évolution de l’indice santé, est de 2,87%. Le calcul de l’adaptation suit les dispositions du contrat de gestion.

Les produits dérivés et les abonnements tels que la Carte Campus connaissent la même adaptation tarifaire.

L’adaptation tarifaire moyenne pour tous les autres produits, hors abonnements, s’élève à1,87% en lien avec l’indice santé. Le prix des produits de loisirs destinés aux jeunes (GoPass1, GoPass10 et GoUnlimited: trajets libres pour les jeunes jusqu’à 26ans), de même que celui du RailPass (trajets libres) restent inchangés.

Le prix de la Key Card pour les courtes distances dans une zone déterminée et celui du Billet Seniors augmentent respectivement de 0,3euro et 0,2euro par trajet. Les seniors pourront désormais utiliser leur Billet Seniors tous les week-ends en juillet et en août (y compris le15), la restriction actuelle étant levée.

La SNCB s’efforce de limiter la hausse de certains prix pour que l’offre reste compétitive. Comparés à certains tarifs pratiqués à l’étranger, les tarifs appliqués en Belgique restent faibles. Par ailleurs, au cours des dernières années, le transport ferroviaire est devenu moins onéreux que d’autres modes de transport en Belgique. Cette situation ne s’observe qu’en Belgique et en Suède. Entre 2005 et 2014, les tarifs ont baissé de 1% en moyenne par rapport aux prix des autres modes de transport.

En gros, cela veut dire que les tarifs de la SNCB ont augmenté de la moitié de ceux de l’opérateur TEC dans lequel le MR n’a rien à voir et de la société DeLijn dans laquelle les libéraux n’avaient rien à voir.

Je voudrais aussi préciser qu’en province du Luxembourg, si on a relancé les travaux, ce n’est pas parce qu’il y a des économies. C’est parce que j’ai trouvé le milliard complémentaire qu’on a pu relancer la ligne Bruxelles-Luxembourg. Autrement elle était à l’arrêt.

Je rappelle encore que la progression du nombre de voyageurs, qui était de 1% au cours des dix dernières années, est depuis l’année 2017 de plus de 3,5%. Pourquoi ? Parce que nous avons ajouté 72 trains sur Bruxelles et 5,1% d’offre supplémentaire au plan de transport 2017. Cela, c’est le résultat de ce gouvernement !

Depuis 2017, les deux entreprises, tant la SNCB qu’Infrabel, ont retrouvé la voie du bénéfice, ce qui leur permet d’autofinancer un certain nombre de travaux. Je pense que quand un dernier dossier sera passé au conseil d’administration, je pourrai vous présenter ce qu’était l’ancienne gestion de la SNCB et ce qu’est la nouvelle. Vous aurez alors des surprises concernant l’économie que l’on présente toujours comme étant de trois milliards. C’est grâce à ces investissements et à ces modifications des règles de gestion que nous avons imposées et portées, qu’aujourd’hui, on investit dans tous les coins de notre pays. Il convient de le rappeler.

Il est impossible de prédire à combien s’élèveront les rentrées supplémentaires de la SNCB par rapport à 2019. Ces éventuelles recettes supplémentaires permettront à la SNCB de poursuivre les investissements dans l’aménage-ment du dispositif de vente.

Dans le cadre des discussions à propos du contrat de gestion, nous avions introduit des Key Performance Indicator (KPI) ainsi qu’une rémunération des dirigeants dépendante de ces KPI, et notamment de la ponctualité. Toutefois, nous n’avons pu finaliser le contrat de gestion qui était prêt, compte tenu des affaires courantes.

Le 4 novembre, la SNCB a soumis l’adaptation tarifaire au Conseil Central de l’Économie et au Conseil National du Travail. Leur avis n’est pas encore disponible.

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