Question posée le 20 octobre 2026 en commission au ministre de l’Égalité des Chances, Rob Beenders. Le compte-rendu est à retrouver ici.

Monsieur le Ministre,

Plusieurs études récentes confirment une hausse préoccupante de l’homophobie chez les jeunes, un phénomène documenté en Europe et en Amérique du Nord.

  • En Belgique, une étude du JeugdOnderzoeksPlatform révèle que 18 % des jeunes Flamands estiment qu’une agression contre une personne homosexuelle est « acceptable » (contre 7,4 % cinq ans plus tôt). On constate également un déclin du soutien au mariage pour tous et une méfiance accrue envers les enseignants LGBTQIA+.
  • En France : Une enquête menée par l’Institut Ipsos avec l’association Contact indique que près de 40 % des jeunes de 18 à 24 ans ont une mauvaise image des personnes LGBT (alors que la moyenne globale de la population est de 18 %).
  • Au Québec : Des analyses menées en milieu scolaire (2025-2026) montrent que l’inconfort face à la diversité sexuelle a doublé en sept ans : environ 40 % des élèves se disent mal à l’aise d’apprendre qu’un meilleur ami est gay, et plus de 90 % des enseignants signalent une aggravation des propos homophobes, misogynes ou transphobes.

Quelles mesures comptez-vous prendre face à ce phénomène? L’avez-vous intégré dans votre plan LGBTQI+? 

La réponse du ministre : 

Je vous remercie pour votre question.
Les chiffres cités dans les questions sont très inquiétants. Nous devons toutefois veiller à ne pas nous concentrer uniquement sur les jeunes. En effet, ces tendances ont une portée plus large et touchent l’ensemble de la société. Les jeunes s’inspirent en effet de ce qu’ils voient autour d’eux et sur Internet.

Nous portons tous une responsabilité. Au lieu de pointer du doigt uniquement les jeunes, nous devons également nous interroger en tant qu’adultes constituant la société.

La mise en œuvre de notre contribution au plan d’action interfédéral LGBTQIA+ a débuté par plusieurs mesures pertinentes. Nous avons déjà lancé une campagne contre la haine en ligne et travaillons à l’élaboration d’un plan de lutte contre le cyber-harcèlement. Je vais également mettre en place une campagne de sensibilisation contre les attitudes sexistes, anti-genre et anti-LGBTQIA+ sur les réseaux sociaux.

J’ai également lancé, notamment sur la base de l’étude de 2024 consacrée aux mouvements anti-genre en Belgique, une recherche sur les discours masculinistes, en mettant l’accent sur la « manosphère », la rhétorique anti-trans et leur impact sur les hommes. Cette recherche doit fournir des pistes pour contrer ces discours.

Les indicateurs de résultats seront définis lors de l’élaboration des mesures.

Nous travaillons en collaboration avec les entités fédérées à la mise au point de la plateforme de données interfédérale. Il est toutefois encore trop tôt pour donner un calendrier précis.

La réplique : 

Merci, monsieur le ministre, pour les réponses. C’est en effet encourageant qu’il y ait déjà des actions qui soient en cours sur le sujet.

Je pense que c’est vraiment important aussi de pouvoir travailler avec les plateformes. On ne peut plus continuer à laisser des propos haineux envers les personnes LGBT se propager aussi facilement sur les plateformes en ligne. Je pense que c’est vraiment important de pouvoir agir aussi de ce côté-là.

Il en va de même en termes d’éducation à la vie affective et relationnelle à l’école. Je pense qu’aujourd’hui, deux heures en secondaire et deux heures en primaire d’apprentissage de ces éléments-là, c’est totalement insuffisant. Je pense que vous devez vous aussi plaider auprès des entités fédérées pour qu’il y ait un renforcement de ces politiques de sensibilisation, sinon on se retrouvera au fédéral à devoir vider la mer avec une petite cuiller.

Il faut faire en sorte que les mesures de prévention soient largement renforcées et refinancées pour ne pas devoir endiguer le problème lorsqu’il est déjà trop tard et qu’il y a eu des victimes de ces violences, de ces discriminations.