Monsieur le Ministre,

La semaine dernière, Europol a sorti son rapport annuel sur l’état du terrorisme dans l’Union européenne. Un élément a attiré mon attention : Europol pointe le lien entre des idéologies d’extrême droite et des théories misogynes et antiféministes. Si tous les extrémistes de droite ne sont pas antiféministes, ces idéologies « sont unies dans le rejet de la diversité et du droit des minorités », d’après Europol, et portent « une vision inégalitaire par nature » de la société, d’après Benjamin Biard, chercheur au CRISP. L’antiféminisme extrémiste s’insère par exemple dans les « théories du grand remplacement ». « Le féminisme aurait été inventé pour distraire les femmes de leur rôle ‘naturel’ de mères, et est par conséquent blâmé pour la chute des taux de natalités dans les pays de l’Europe occidentale, ce qui a finalement permis l’immigration », souligne le rapport d’Europol.

Une autre mouvance pouvant être proche de ces théories est celle des “incels”, les « célibataires involontaires », qui se considèrent comme étant injustement rejetés par la gent féminine. Des femmes à qui on aurait donné un peu trop de droits et qui auraient perdu de vue leur « rôle premier ». La figure emblématique de ce mouvement est Elliot Rodgers qui a tué six personnes en Californie avant de se donner la mort à l’âge de 22 ans.

Monsieur le Ministre,

Avez-vous des informations sur l’ampleur de ces mouvements dans notre pays ?

Les services de police sont-ils informés et sensibilisés sur le danger que peuvent constituer de tels mouvements et idéologies ?

La sûreté de l’Etat effectue-t-elle un travail spécifique vis-à-vis de ces groupes?

Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses à mes questions.

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