Cette question a été adressée au Ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, lors de la commission Mobilité du 2 avril 2025. Le compte rendu complet est disponible ici.
Monsieur le Ministre,
Avec votre gouvernement, vous prévoyez de supprimer les tantièmes préférentiels pour les cheminots. Pouvez-vous confirmer que cela implique que certains agents devront travailler jusqu’à 67 ans, même pour des métiers pénibles, de nuit ou en 3×8?
Réponse du Ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke
Chère collègue,
L’un des points de revendication des syndicats concerne effectivement les pensions des cheminots. Ce dossier ressort de la responsabilité du ministre des Pensions. J’ai eu des échanges téléphoniques avec mon collègue dans le cadre de cette négociation. Il m’a confirmé qu’il appliquerait l’accord de gouvernement et rien que l’accord.
Toutefois, il m’a aussi confirmé qu’il restait ouvert à des dispositions transitoires, c’est-à-dire à des négociations avec les syndicats sur les modalités. Il a donc tendu la main aux syndicats. Il m’a proposé d’entamer un processus de concertation commun, me demandant d’assister également à ces réunions. Si je peux aider la concertation syndicale, je me tiens bien évidemment à disposition.
Ma réplique
Merci, monsieur le Ministre, pour votre réponse.
En effet, la concertation sociale est la clé dans ce type de dossier. Il est vraiment essentiel de faire en sorte que le processus soit respecté et que toutes les parties se sentent entendues.
Ce qui préoccupe très fort en interne du côté de la SNCB, c’est la non-prise en compte de la pénibilité des métiers. Le ministre Jambon nous l’a redit en commission. Il a affirmé qu’il tirait un trait sur la perspective de parvenir à intégrer dans le calcul des pensions la pénibilité du travail. Cette clarté, nous sommes contents de l’avoir, mais c’est très inquiétant pour toutes les personnes qui ont effectué des métiers pénibles et qui s’attendaient à pouvoir bénéficier de certains aménagements de fin de carrière. Ils n’y auront plus accès.
Par ailleurs, quand on n’est physiquement plus capable d’exercer son métier, et qu’on a énormément donné pour le collectif, ne pas avoir cette reconnaissance en retour au moment de la pension est extrêmement frustrant et déprimant.
J’espère que chacun pourra se sentir respecté dans cette négociation.