Question posée au Ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke le 13 janvier 2026. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le Ministre,
À partir du 14 décembre, la nouvelle grille horaire de la SNCB a des conséquences pénalisantes pour les habitants du Sud de la province du Luxembourg, en particulier les navetteurs de la ligne Athus-Meuse (Virton, Florenville, Bertrix…), qui patientent 61 minutes en gare de Libramont avant de poursuivre leur trajet parce que la correspondance est supprimée vers et en venant de Namur, Ottignies et Bruxelles. Cette perte de temps est d’autant plus difficile à comprendre que, selon les horaires annoncés, les trains continueront d’arriver et de repartir à seulement quelques minutes d’intervalle — parfois sous les yeux mêmes des usagers — sans que la correspondance soit possible.
Cette modification pourrait entraîner un découragement massif des usagers, en particulier des étudiants et navetteurs quotidiens, qui voient leur trajet allongé inutilement. Elle aura aussi des effets contre-productifs en matière de mobilité durable : augmentation des kilomètres parcourus en voiture, reports vers les gares de Marbehan ou Libramont, congestion accrue, baisse de fréquentation de la ligne… et potentielle mise en danger de son avenir. Une pétition a été lancée le 9 décembre avec plus de 2500 signatures. Avec ce nouvel horaire c’est tout une partie du territoire qui se retrouve isolé.
Nous avons avec attention écouté votre réponse en Commission le 10 décembre. Vous avez dit que vous alliez chercher des alternatives. Mais celles proposées aujourd’hui n’en sont pas, car le temps de parcours est quasiment aussi long qu’en attendant une heure à Libramont. Les bus de remplacement proposés ne peuvent en outre pas accueillir autant de passagers ni se déplacer aussi vite que les trains, ne présentant donc pas une alternative durable.
Mes questions sont les suivantes :
- Allez-vous analyser, avec Infrabel et la SNCB, comment décaler certaines horaires de train (de quelques minutes) pour assurer une correspondance plus fluide de lignes qui desservent les grandes villes (par exemple, la ligne de Virton) ?
- Le gouvernement a-t-il demandé à la SNCB d’évaluer l’impact sociétal, environnemental et économique d’une attente obligatoire de plus d’une heure pour les navetteurs ?
- À la suite d’une question posée par mon homologue au parlement Wallon, Stéphane Hazée, mardi dernier, nous savons qu’une rencontre avec le ministre Desquesnes était prévue. A-t’elle eu lieu, et qu’en est le résultat ?
- Plus largement, comment conciliez-vous les objectifs de transition écologique et d’attractivité du rail avec des décisions horaires qui, dans les faits, incitent les usagers à abandonner le train ?
Je vous remercie pour vos réponses.
Ma réplique :
Merci, monsieur le ministre, pour votre réponse. Il est assez décevant d’entendre que les gens vont devoir attendre jusqu’en 2029 pour avoir des conditions de déplacement correctes. Investir c’est important. Effectuer des travaux, c’est pour améliorer le service. J’en conviens. Quand j’entends que les habitants concernés doivent courir entre deux correspondances et que le train leur passe sous le nez avec embarquement terminé, qu’ils doivent alors attendre 61 minutes pour avoir le suivant, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. J’espère que des solutions pourront être trouvées. Je comprends que parfois c’est impossible quand une seule voie est disponible mais cinq minutes d’attente pourraient améliorer la vie de dizaines ou de centaines de personnes. Espérons que la SNCB pourra entendre le désarroi de ces personnes. Trois ans de patience, c’est fort long !

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