Question posée en commission au ministre du Climat, Jean-Luc Crucke. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le ministre, nous sommes heureux de vous voir. En effet, nous vous attendons depuis plusieurs semaines. La dernière fois que nous vous avons vu dans ces murs, c’était le 7 juillet. Nous avons vu votre collègue de l’Intérieur, Bernard Quintin, à deux reprises depuis lors, le 20 août et le 15 septembre.
Nous avions sollicité votre présence, mais cette demande a été refusée, la majorité estimant qu’il n’était pas urgent d’entendre le ministre du Climat. Nous sommes à présent le 29 septembre et, après un été catastrophique, nous pouvons enfin obtenir des réponses de celui qui se présente comme le grand coordinateur, le grand chef d’orchestre de la politique climatique en Belgique. Cet été a été le plus chaud que nous ayons jamais connu. Un thermomètre qui ne redescendait plus, même la nuit, et des logements dans lesquels certaines personnes étouffaient littéralement. Notre pays a connu près de 3 000 morts qui auraient pu être évitées et 3 300 hectares sont partis en fumée dans les Fagnes.
Une estimation du coût de l’ensemble de ces événements s’élève à environ 6 milliards d’euros. Notre économie est aussi impactée, et, comme le disait mon collègue, une demi-journée de canicule équivaut à une journée de grève pour l’économie belge. Tous ces éléments doivent appeler des actions fortes. Pourtant, cet été, c’est notre niveau d’impréparation et d’inadaptation qui a éclaté au grand jour. Ce sont toutes ces années, voire ces décennies, de gestion à la petite semaine, tous ces reports, tous ces « on verra plus tard », tous ces « on va toucher du bois » qui nous ont aujourd’hui ramenés à la réalité. Ils nous ont confrontés à la réalité du dérèglement climatique, sur laquelle nous sommes alertés depuis des décennies.
Les citoyens ont été confrontés dans leur quotidien, dans leur chair, à cette réalité et, surtout, aux conséquences de l’impréparation de la Belgique face à ces nouvelles réalités. Nous avons aussi eu un ministre politiquement absent. Vous avez écrit des lettres, vous avez tenté de convoquer des réunions sans succès, vous vous êtes épanché dans la presse sur ces difficultés. Mais où étaient les vraies actions concrètes pour protéger les citoyens?
Je me permets d’insister sur plusieurs points. Premièrement, l’éclatement des compétences est utilisé de manière récurrente comme alibi. Dans un État fédéral, c’est un classique. En pleine canicule, alors que 2 000 personnes étaient déjà décédées des conséquences de la chaleur, vous avez convoqué une réunion le 1er juillet, via une lettre aux entités fédérées, avec un certain écho médiatique. La Wallonie a refusé d’y participer. La Flandre y a envoyé un fonctionnaire avec comme résultat une réunion technique de deux heures, trois exposés, aucune décision, puis tout le monde est parti en vacances en touchant du bois.
La stratégie, nous la connaissons: chacun a raison sur son terrain, mais cela ne change rien pour les citoyens qui subissent la canicule. Le fédéral a raison de dire qu’une canicule ou un feu de forêt ne s’arrête pas aux frontières régionales. Les régions ont raison de rappeler que la plupart des leviers se trouvent chez elles. Mais la conséquence est que personne ne prend réellement le problème à bras-le-corps. Personne ne prend ses responsabilités pour atteindre l’objectif qui devrait être le nôtre, à savoir apporter des solutions concrètes aux citoyens confrontés à des difficultés graves, voire extrêmement graves.
Deuxièmement, à ma connaissance, aucune conférence interministérielle Environnement n’a été convoquée durant l’été. Ni pendant la canicule – la plus meurtrière depuis un quart de siècle – ni pendant la sécheresse historique, ni pendant le plus important feu de forêt que nous ayons connu. Pourtant, ces événements sont deux manifestations d’un même dérèglement et relèvent directement des compétences de cette conférence interministérielle. Monsieur le ministre, pourquoi cette conférence interministérielle n’a-t-elle pas été réunie?
Troisièmement, je constate un mouvement politique extrêmement interpellant qui consiste à glisser de l’adaptation vers la gestion de crise. Le plan « chaleur et santé » est annoncé par l’Intérieur, rédigé par la Santé, coordonné par le Centre de crise et arrimé au cadre national de résilience, conçu à l’origine pour les crises hybrides ou militaires. Monsieur le ministre, ce glissement constitue une forme de renoncement. En rangeant la canicule dans la même catégorie qu’un conflit hybride ou qu’une cyberattaque, nous transformons un phénomène prévisible et atténuable en une fatalité sécuritaire dont il ne resterait plus qu’à gérer les conséquences.
Or, la chaleur n’est pas une menace extérieure. Elle est la conséquence d’un climat que nous avons laissé se dérégler et d’infrastructures, de villes entières, d’écoles, de logements et d’hôpitaux que nous avons refusé d’adapter, alors qu’il est encore possible de le faire. Ce sont des choix politiques. Ce mouvement politique est évidemment confortable: répondre à l’événement par des alertes, des secours ou des communications via BE-Alert est relativement peu conflictuel. On évite ainsi de débattre des choix de fond et de la manière dont nous devrions adapter notre société. C’est pourtant précisément cette discussion qu’il faut mettre sur la table à tous les niveaux de pouvoir.
Finalement, face aux canicules, la réponse a largement consisté à renvoyer les citoyens à leur responsabilité individuelle. On leur a conseillé de boire de l’eau, de fermer leurs volets, de veiller sur leurs voisins ou encore de porter un chapeau. Or, monsieur le ministre, c’est là que les inégalités explosent, car survivre à 40 °C avec de pareilles consignes politiques devient une question de préparation individuelle, mais surtout une question de moyens financiers et de ressources disponibles.
Il y a donc une fracture très nette qui est apparue cet été entre ceux qui ont un jardin, une piscine, des volets, la clim, des amis ou des parents qui ont une villa à la campagne et les autres, ceux qui sont coincés dans les combles, dans des appartements surchauffés dont ils sont locataires et sur lesquels ils n’ont aucun levier pour améliorer l’isolation ou différents éléments. On a laissé les professionnels sur le terrain tirer leur plan, des infirmières installer des couvertures de survie aux fenêtres des chambres des hôpitaux où il faisait 40°C. Par ailleurs, des agriculteurs ont acheminé de l’eau pour éteindre les feux jour et nuit. Or cet impact-là, il se marque très clairement dans les chiffres, les niveaux de richesse des régions ressortent de manière extrêmement morbide quand on voit qu’il y a plus de 78 % de surmortalité en région wallonne pendant l’été.
Dès lors, confirmez-vous qu’aucune CIM Environnement n’a été convoquée? Pourquoi est-ce que ce gouvernement concentre son action sur la gestion de crises lorsqu’elles arrivent au lieu de se concentrer sur l’adaptation, la prévention et la protection des citoyens? Quelles mesures prévoyez-vous de prendre pour éviter que cela ne se reproduise et quelles mesures avez-vous déjà posées? Enfin, avez-vous convoqué un conseil des ministres au niveau européen pour mettre l’urgence climatique au centre des débats, celle-ci n’épargnant aucun des États de l’Union européenne? Je vous remercie.
Réponse du ministre :
Geachte collega’s, ik had u hierover in augustus al te woord willen staan, maar de Kamervoorzitter besliste hier anders over. Nochtans tonen de gebeurtenissen van deze zomer, zowel de uitzonderlijke hittegolven als de zware natuurbrand in de Hoge Venen, nogmaals aan hoe gevaarlijk de gevolgen van de klimaatverandering vandaag al voor onze samenleving zijn: de warmste zomer ooit, een oversterfte van bijna 3 000 personen, de zwaarste natuurbrand in ons land sinds 1911 en een geschatte negatieve economische impact van 1 % van het bbp of ongeveer de totale verwachte economische groei van dit jaar. Collega’s, dat zijn bijzonder zware cijfers. Ze drukken ons met de neus op de feiten en moeten ons tot actie aanzetten.
Collega Van Rooy zei het al, in 1911 was er ook een natuurbrand in de Hoge Venen, maar we trekken daar zeker niet dezelfde conclusies uit en hebben ook niet dezelfde inzichten. Ik lees wat de wetenschappers daar zelf over zeggen.
Aujourd’hui, la grande différence avec ce qui s’est passé en 1911 est que le climat de fond est plus chaud. Ce fait augmente la probabilité des épisodes chauds et coïncide avec un déficit hydrique important. Du reste, l’IRM relève que, dans les Hautes Fagnes, la tendance des précipitations estivales est historiquement à la baisse. La vraie question scientifique n’est donc pas: fera-t-il plus chaud qu’en 1911; mais plutôt: à quelle fréquence les Hautes Fagnes connaîtront-elles désormais la combinaison « chaleur + déficit pluviométrique + assèchement de la tourbe » nécessaire à un feu profond? Il ne m’appartient pas de désigner du doigt les responsables, puisque vous savez qu’une enquête est en cours sur le dossier et que nous avons également demandé au Centre de crise et au gouverneur de nous remettre un rapport sur les faits.
Rien que cette seule différence entre 1911 et aujourd’hui – à savoir que nous connaissons désormais des périodes de chaleur bien plus nombreuses d’année en année, alors que 1911 n’avait été qu’une exception – devrait nous permettre de comprendre que la spécificité de la tourbe est qu’elle s’enflamme plus rapidement dans de telles conditions et continue, du reste, à brûler. Dès lors, on peut légitimement se poser la question suivante: pourquoi le gouverneur de la province de Luxembourg a-t-il clairement interdit toute pénétration dans les bois par quiconque, quand on sait que plus de 95 % des feux sont d’origine humaine, volontaire ou involontaire, alors qu’en province de Liège, une mesure identique n’a pas été prise? On peut légitimement se poser cette question. Il ne m’appartient pas d’y répondre. En revanche, ne pas la soulever et ne pas chercher de réponse, que ce soit par la voie judiciaire ou par la voie administrative, constituerait à mon sens une faute.
Je tiens à clarifier deux éléments. Premièrement, le déclenchement d’un incendie de forêt ou d’un épisode de chaleur extrême ne signifie pas en soi que la politique d’adaptation au changement climatique a échoué. L’adaptation ne peut pas empêcher les phénomènes météorologiques extrêmes. Elle vise à réduire les risques, à renforcer la résilience et à limiter, autant que possible, les conséquences. Cela dit, nous devons aussi reconnaître que notre pays n’est pas encore suffisamment préparé à l’augmentation des risques climatiques. C’est également le constat exprimé par le Cerac dans ce Belgian Climate Risk Assessment (BCRA) qui constitue une base importante de ma politique d’adaptation.
Deuxièmement, en ce qui concerne les incendies dans les Hautes Fagnes, les informations disponibles indiquent que le déclenchement semble avoir été lié, comme je l’ai dit, à l’intervention humaine. Cela n’enlève rien au fait que la sécheresse prolongée et les températures élevées ont créé des conditions dans lesquelles l’incendie a pu se propager avec une rapidité et une intensité exceptionnelles; et ce, dans l’une des régions autrefois les plus humides du pays. Je retiens toutefois de cet été la leçon suivante: nous devons agir simultanément sur la connaissance des risques, la prévention, la détection et le monitoring, la communication et la capacité d’intervention de nos services de secours et de contrôle du respect des règles.
Tijdens de crisis zelf lag de operationele leiding bij de diensten en autoriteiten die bevoegd zijn voor civiele veiligheid en noodplanning. We mogen daarbij ook trots zijn – velen van u zeiden dat al – op de inzet en performantie van onze hulpdiensten, ziekenhuizen, brandweer, Civiele Bescherming, Defensie, natuurbeheerders en iedereen die tijdens de crisis heeft geholpen.
Mijn verantwoordelijkheid als federale minister van Klimaat bestaat erin ervoor te zorgen dat we de risico’s beter kennen, er beleidsmatig op anticiperen en de samenwerking tussen de verschillende bevoegde overheden versterken. Bepaalde politieke fracties zeggen vaak dat klimaatadaptatie een gewestelijke bevoegdheid is. Het klopt dat de gewesten over de belangrijkste hefbomen beschikken om een preventief klimaatadaptatiebeleid te voeren. Zij zijn bijvoorbeeld bevoegd voor stedenbouw, natuurbeheer en preventieve gezondheidszorg.
Dat neemt echter niet weg dat ook de federale overheid belangrijke bevoegdheden heeft. Meer nog, ze heeft er alle belang bij om sterk in te zetten op klimaatadaptatie. Wanneer de grenzen van het gewestelijke adaptatiebeleid worden bereikt en de gevolgen van extreme weersomstandigheden zich voordoen, komen belangrijke kosten immers bij de federale overheid terecht, bij onze gezondheidszorg en sociale zekerheid, bij onze interventiediensten en uiteindelijk bij onze al zwaar belaste federale begroting.
L’autorité fédérale dispose également de centres d’expertise importants tels que l’Institut royal météorologique (IRM) et le Cerac, qui remplissent des missions essentielles telles que cartographier scientifiquement les risques climatiques, anticiper leurs évolutions futures et formuler les recommandations à l’intention des décideurs politiques.
En matière de feux de végétation, les faits parlent d’eux-mêmes. Dès la fin du mois de février 2025, le Cerac avait alerté sur les risques des feux de végétation et sur la nécessité de renforcer notre préparation et notre coordination à l’échelle nationale. Il attirait notamment l’attention sur le risque de devoir faire face, dans les années à venir, à plusieurs incendies complexes et simultanés, par exemple dans les Hautes Fagnes et dans la Kalmthoutse Heide. À la suite de cet avertissement, j’ai écrit à l’ensemble des autorités compétentes afin de les sensibiliser à ce risque et de proposer l’élaboration d’un plan d’action interfédérale relatif aux phénomènes météorologiques extrêmes. Comme je vous en ai déjà informé, la Flandre avait alors rejeté cette proposition. Dès l’année dernière, à ma demande, le gouvernement fédéral avait également dégagé des moyens budgétaires afin d’approfondir les analyses de risques du Cerac.
Je n’ai donc pas commencé, comme le dit le collègue Van Lysebettens, à agir après les incendies de cet été. Depuis plus d’un an déjà, nous donnons concrètement suite à plusieurs recommandations du Cerac. Cela démontre une nouvelle fois le rôle essentiel de telles institutions fédérales. Je tiens à dire que j’ai reçu une réponse au courrier qui leur avait été adressé de tous les gouverneurs, mais également de tous les ministres concernés, qu’ils soient régionaux ou fédéraux, parfois après un rappel, il est vrai. Ces documents sont à la disposition du Parlement et ont d’ailleurs été transmis à la presse quand elle me l’a demandé. Ils ont également été transmis au groupe socialiste à la Région wallonne qui m’en avait fait la demandé. Ces documents n’ont rien de confidentiel. Ils sont parfois intéressants à lire et témoignent des sensibilités différentes des uns et des autres. Tout le monde a répondu. Parfois certains qui sont montrés du doigt ont également agi de manière utile également, selon moi. Cela doit être dit.
Tegelijkertijd toont dat aan hoe belangrijk het is om onze coördinatie verder te versterken. Ik ben ervan overtuigd dat ieder beleidsniveau binnen de toegewezen bevoegdheden het uiterste doet. Een crisis van de omvang van de klimaatverandering vereist evenwel dat we in dit land meer en beter samenwerken. Het federaal regeerakkoord bepaalt dat de federale overheid in samenwerking met de gewesten een interfederaal actieplan inzake extreme weeromstandigheden uitwerkt. Tijdens de uitzonderlijke hittegolf heb ik daarom op 1 juli de betrokken federale, gewestelijke en gemeenschapsinstanties samengebracht om concrete gezamenlijke werkzaamheden op te starten. Het uitgangspunt is duidelijk. Een interfederaal plan moet de bestaande federale, gewestelijke en lokale plannen niet vervangen, maar moet ervoor zorgen dat ze beter op elkaar aansluiten wanneer bevoegdheden en verantwoordelijkheden elkaar raken.
Sindsdien lopen verschillende concrete trajecten. Op het vlak van hitte werd reeds in de eerste helft van juli beslist om tegen de lente een Belgisch heat-health preparedness response plan uit te werken samen met mijn collega’s Vandenbroucke en Quintin. De bedoeling is te komen tot operationele draaiboeken die bij hittegolven onmiddellijk inzetbaar zijn op het vlak van besluitvorming, waarschuwingssystemen, gezondheidssurveillance, communicatie en bescherming van kwetsbare groepen. Ook de inventarisatie van koele plaatsen wordt daarin meegenomen. Op federaal niveau heeft minister Matz afgelopen zomer reeds beslist om de ontvangstruimten van federale musea als koeltezones in te zetten. De ambitie is nu om samen met de regionale en lokale overheden te komen tot een bruikbare cartografie van publiek toegankelijke koelplekken, het openstellen ervan organisatorisch mogelijk te maken en burgers tijdens hittegolven daarover duidelijk te informeren.
La protection des travailleurs contre les chaleurs extrêmes doit, elle aussi, être renforcée dans le cadre des structures compétentes. Dans le cadre de nos travaux antérieurs, nous avons déjà convenu d’intensifier la sensibilisation des employeurs, des travailleurs et des indépendants aux risques liés à la chaleur ainsi qu’aux règles de prévention applicables. Nous coordonnons cette démarche avec le ministre Clarinval, qui est compétent pour cette matière. En l’occurrence, l’exemple espagnol n’est pas dénué d’intérêt en ce qui concerne l’adaptation des conditions de travail aux fortes chaleurs et aux épisodes de chaleur extrême.
Le Risk Management Group du SPF Santé publique a, entre-temps, rendu ses premiers avis. De plus, les équipes opérationnelles travaillent à la préparation du plan « chaleur et santé ». Fin novembre, une conférence interministérielle Environnement-Santé se tiendra sous ma présidence. Elle devra notamment permettre de prendre des décisions concernant les valeurs seuils du plan national fortes chaleurs et pics d’ozone. Je souhaite également soumettre à cette occasion aux régions la question de la mise en place d’un réseau national de zones de fraîcheur.
Ik ben blij dat de federale regering op vrijdag 18 september aan de ministers Quintin en Francken en mijzelf het mandaat heeft gegeven om een actieplan Natuurbranden uit te werken. Enerzijds moet dat plan de operationele capaciteit van de interventiediensten versterken. Daarbij wordt onder meer bekeken hoe middelen van Defensie en de Civiele Bescherming sneller kunnen worden ingezet bij grote natuurbranden en andere klimaatgerelateerde crisissen. De ministers Quintin en Francken nemen daarin de leiding.
Anderzijds moet het plan maatregelen bevatten inzake risicokennis en preventie van natuurbranden. Daar neem ik de leiding. Vanuit mijn federale klimaatbevoegdheden leg ik verschillende prioriteiten op tafel. Ten eerste zijn er activiteiten waaraan we federaal werken en waarvoor we de samenwerking met de gewesten willen formaliseren. Via de op mijn vraag opgestarte Cerac-projecten BELFIRES en Fire4BE worden vandaag al verschillende concrete initiatieven ontwikkeld.
Sinds dit jaar is de Nationale Databank voor Natuurbranden operationeel. Dankzij die databank weten we dat België al 379 natuurbranden heeft gekend, gemiddeld 62 per jaar. We werken aan een cartografie van het toekomstige natuurbrandrisico in België als gevolg van de klimaatverandering.
Die kennis is essentieel voor natuurbeheerders om preventiemaatregelen te nemen en voor veiligheidsdiensten om hun investeringen en operationele voorbereidingen daarop af te stemmen. Daarnaast werken we aan concrete, inzetbare modellen inzake de verspreiding van brand en rook. Tijdens de natuurbrand in de Hoge Venen werd al een eerste model door de interventiediensten gebruikt. Via de Cerac-projecten willen we dat verder optimaliseren.
Tot slot willen we ook beter begrijpen welke gevolgen natuurbranden hebben voor de volksgezondheid, zodat de bevoegde autoriteiten hun waarschuwingssystemen en beschermingsmaatregelen daarop kunnen afstemmen. Ik sta hierover in contact met mijn collega Yves Coppieters, die daarvan eveneens een prioriteit maakt.
Cela dit, nous devons aller plus loin. Sur le plan interfédéral, nous devons développer des indicateurs météorologiques nationaux du risque d’incendie afin que l’IRM puisse informer adéquatement et en temps réel les gestionnaires régionaux des espaces naturels du danger lié à la chaleur, à la sécheresse et au vent.
À l’échelle européenne, nous devons également plaider pour des évaluations du risque d’incendie à une échelle géographique plus fine, notamment sur la base des données satellitaires européennes.
Pour chacune de ces priorités, je souhaite, dans le cadre du plan d’action sur les incendies de forêt, tendre la main aux régions afin d’aboutir à des actions soutenues à l’échelle nationale qui préparent mieux notre pays au risque d’incendie, tout en évitant la fragmentation des initiatives. Le gouvernement fédéral nous a chargés, conformément à l’accord de gouvernement, d’élaborer ce plan en collaboration avec les régions. Cette concertation a entre-temps débuté.
Mes services participent également aux activités du Belgian Wildfire Network, qui rassemble de manière bottom-up tous les acteurs concernés.
Op mijn vraag zal in het kader van dat actieplan ook worden gewerkt rond andere klimaatrisico’s, waaronder overstromingen. Vijf jaar na de dodelijke overstromingen in de Vesder moeten wij ons immers blijven voorbereiden op extremere weersomstandigheden als gevolg van de klimaatverandering.
Dat moet ertoe leiden dat wij de interfederale samenwerking op het vlak van de beleidsvoorbereiding voor extreme weersomstandigheden versterken en beter coördineren. Het Nationaal Crisiscentrum en Cerac kunnen daarin een belangrijke rol spelen, zonder van Cerac een operationeel crisiscentrum te maken. Dat is immers niet zijn opdracht.
Die trajecten zullen eveneens worden meegenomen in de voorbereidingen van het nieuwe federale adaptatieplan 2027-2031.
Het federale adaptatieplan moet vertrekken van een duidelijk klimaatscenario. Wat betekent een wereldwijde opwarming met 3 graden Celsius tegen het einde van de eeuw concreet voor België? Wat is de potentiële economische schade? Welke risico’s willen wij als samenleving aanvaarden? Welke maatregelen plaatsen wij daartegenover?
Op die basis moet het uitgangspunt zijn dat elk beleidsdomein zich voorbereidt. Adaptatie moet worden geïntegreerd in onder meer het gezondheidsbeleid, de infrastructuur, de mobiliteit, de arbeidsbescherming en de civiele veiligheid.
Tegelijk zal ik vereisen dat het plan volledig wordt gebudgetteerd, zodat we een duidelijk zicht krijgen op de vereiste investeringsbudgetten.
J’en viens à présent au financement. Selon moi, le principe est, en soi, simple: investir aujourd’hui dans l’adaptation aux changements climatiques revient à éviter demain des coûts humains, sociaux et budgétaires bien plus élevés.
In de rapporten van Cerac en het Federaal Planbureau staat dat de extreme hitte van deze zomer ons dit jaar al 1 % van het bbp zou hebben gekost, met belangrijkste impact op het vlak van de verloren arbeidsproductiviteit, de landbouwopbrengsten, de binnenvaart en de energie.
Op termijn kunnen dergelijke klimatologische omstandigheden ons jaarlijks tot maximaal 3,5 tot 12 % van het bbp kosten in 2050. Dat, dames en heren, is de economische realiteit waarmee iedere sector rekening moet houden, wanneer vandaag investeringen voor morgen worden gepland.
La Commission européenne a estimé en 2026 que les États membres devraient investir jusqu’à 70 milliards d’euros par an dans l’adaptation climatique pour 2050. Pour la Belgique, cela représente environ 0,2 % du PIB, un montant nettement inférieur aux dommages économiques potentiels identifiés dans les rapports du Cerac.
C’est la raison pour laquelle j’ai déjà plaidé pour que nous ouvrions, sur le plan européen, le débat sur la manière dont ces investissements peuvent être mieux pris en compte dans le cadre budgétaire européen. Une part importante de ces investissements relève des régions, notamment dans le cadre de leurs compétences relatives à l’aménagement du territoire. Toutefois, nous devons également opérer des choix à l’échelle fédérale pour renforcer la résilience de notre société.
Les investissements dans le service d’incendie, la Protection civile, la composante civile, la Défense et notre système de santé contribuent directement à cette résilience. Dès lors, nous devons plaider pour que de tels investissements puissent également être pris en considération dans les dépenses entrant en ligne de compte pour la norme OTAN.
Mevrouw Van Keymolen en mijnheer Van Lysebettens, u had vragen over de nood aan bijkomende studies door het Cerac: ten eerste een kosten-batenanalyse over de adaptatie met betrekking tot overstromingen, en ten tweede een globale kosten-batenanalyse voor de gehele Belgische economie voor alle klimaatrisico’s. Ik kan bevestigen dat Cerac tegen het einde van dit jaar een studie uitvoert over de kosten en baten van de adaptatie voor overstromingsrisico’s. Bijkomende Ceracstudies en samenwerkingen met onder meer het Federaal Planbureau en BOSA over de economische impact van andere klimaatrisico’s zoals hitte zullen volgen. Dat maakt deel uit van het ontwerpprogramma 2027-2029.
Het is evident dat in dat kader ook naar interacties met andere risico’s moet worden gekeken, zoals het verlies van biodiversiteit. Dat maakt ook deel uit van het mandaat van Cerac. Ook is bijkomend wetenschappelijk onderzoek nodig naar onzekere factoren, zoals het afzwakken van de golfstromen. Dergelijke analyses kunnen het toekomstige adaptatiebeleid aanvullen.
En même temps, monsieur Van Lysebettens, les éléments que vous citez sont très intéressants, mais aussi, reconnaissons-le, très complexes, d’une grande portée et, surtout, instructifs sur le plan conceptuel et théorique.
Pour avancer sur des aspects plus concrets concernant, la question des coûts d’opportunité, nous ne pouvons plus nous permettre de choisir entre la climatisation et, par exemple, la recherche et le développement. Nous devons investir dans les deux. Il est certes regrettable de devoir engager des dépenses supplémentaires pour atténuer les effets du changement climatique, et ce au détriment d’autres opportunités. Cependant, l’adaptation et l’atténuation sont essentielles, et non facultatives. Plus tôt nous agirons, plus nous pourrons limiter les coûts.
Er is uiteraard ook een belangrijke Europese dimensie. België kan zich niet in zijn eentje aanpassen aan een veranderend klimaat. Alle lidstaten worden geconfronteerd met toenemende risico’s, zoals de gevolgen van hitte, droogte, overstromingen en natuurbranden. Ik kijk dan ook uit naar het Europese kader voor klimaatweerbaarheid en risicobeheer, dat de Europese Commissie eind oktober zal publiceren.
Tot slot, want hierover werden enkele vragen gesteld, met betrekking tot het natuurherstelplan wil ik de bevoegdheidsverdeling duidelijk respecteren. Voor de uitvoering van de Europese natuurherstelverordening werken de drie gewesten en de federale overheid, elk binnen hun eigen bevoegdheden, aan een bijdrage. De federale bevoegdheid behandelt daarbij het mariene milieu van de Noordzee. Het herstel van de Hoge Venen valt onder de bevoegdheid van het Waalse Gewest. Ik wil mij dan ook niet in de plaats stellen van de bevoegde Waalse autoriteit om te bepalen welke herstelmaatregelen daar moeten worden genomen.
Mesdames et messieurs, chers collègues, la conclusion que je tire de cet été n’est pas qu’une seule autorité ou qu’un seul niveau de pouvoir détient toutes les réponses, bien au contraire. Les phénomènes météorologiques extrêmes ne s’arrêtent pas aux frontières institutionnelles. Notre approche doit donc reposer sur trois piliers: mieux connaître les risques, mieux nous y préparer et continuer à agir sur les causes du changement climatique.
Par expérience personnelle, je peux dire qu’il y a malheureusement une similitude entre la lutte contre le dérèglement climatique et la lutte contre le cancer: il est d’abord nécessaire de connaître les facteurs de risque, mais aussi, une fois qu’on les connaît, de les analyser et, ensuite, d’avoir ce que l’on appelle une politique de prévention et d’alerte précoce. Il n’en va pas autrement pour le climat et la nature.
L’adaptation et l’atténuation ne sont pas deux branches d’une alternative entre lesquelles il faudrait choisir. Nous devons préparer notre société aux changements climatiques qui sont déjà perceptibles aujourd’hui, tout en continuant à réduire nos émissions afin d’éviter que les risques futurs ne deviennent incontrôlables.
C’est précisément la logique de l’action interfédérale que je défends. Il ne s’agit pas de créer un plan supplémentaire à côté de tous ceux qui existent déjà, mais de faire en sorte que les autorités, services et instruments politiques collaborent mieux et que les connaissances scientifiques se traduisent effectivement en prévention, en préparation et en actions concrètes. Comme je l’ai déjà dit au mois de juillet, anticiperen in plaats van ondergaan – anticiper plutôt que subir.
Mevrouw van Riet, u hebt nog enkele bijkomende vragen gesteld.
Ten eerste, wat betreft de samenwerking tussen de verschillende federale instanties die bevoegd zijn voor de ecologische transitie, namelijk Cerac, BCC en FIDO, werk ik, zoals u weet, aan een voorstel voor de oprichting van een agentschap voor ecologische transitie, dat verschillende entiteiten zou samenbrengen en bestaande overlapping zou vermijden, in lijn met wat is voorzien in het regeerakkoord. Er zal tevens worden voorzien in een samenwerkingsprotocol, bijvoorbeeld met het KMI. Het is mijn intentie om tegen het einde van deze maand een voorstel aan de regering voor te leggen.
Ten tweede, wat betreft de federale kritieke infrastructuur, zoals onze energie-infrastructuur, de spoorwegen en de federale gebouwen, het is absoluut cruciaal dat die entiteiten zich voorbereiden op het klimaat van morgen. Wat betekenen 3 graden Celsius mondiale opwarming in termen van droogte en wat is de impact op onze kerncentrales, die water nodig hebben om te koelen? Wat is de impact van de hitte op onze terreinen en spoorwegen? Wat betekent dat voor de werkomstandigheden in de federale administratieve gebouwen? Ik onderhoud met betrekking tot die kwesties nauwe contacten met minister Quintin, die instaat voor de coördinatie in het kader van de toekomstige CER-wet, die kritieke entiteiten verplicht om alle risico’s, met inbegrip van klimaatrisico’s, in een risicoanalyse in kaart te brengen.
Dat zijn de antwoorden op de vragen die mij zijn gesteld, mijnheer de voorzitter.
Ma réplique :
Je vous remercie, monsieur le ministre, pour vos réponses.
Nous vous avons entendu parler de différents projets et d’actions qui doivent être pilotées par vos collègues de l’Intérieur et de la Santé. Pour ma part, ce qui m’intéresse ici, ce sont vos actions concrètes. Vous nous parlez du plan fédéral d’adaptation 2027-2032. Permettez-moi de vous faire remarquer que 2027, c’est dans trois mois. J’imagine donc que nous serons une nouvelle fois en retard.
Nous attendons toujours la composante fédérale du plan social pour le climat, qui permettrait d’aider les ménages précaires à sortir de leur dépendance aux énergies fossiles. C’est d’autant plus essentiel vu la crise énergétique dans laquelle nous nous enfonçons et nous enlisons. Lorsque les températures baisseront, il en résultera une véritable catastrophe sociale. Rendre ce plan permettrait de mobiliser 1,7 milliard d’euros pour accompagner les ménages précaires en Belgique. Où en est cette contribution fédérale? Nulle part, si j’ai bien compris.
L’application de la loi climat relève aussi de votre responsabilité. Cette loi, portée par Zakia Khattabi et adoptée en 2024 par le Parlement, a déjà permis certaines avancées. Elle a notamment créé le Cerac, que vous avez cité à plusieurs reprises dans votre réponse. Cet OCAM du climat peut nous alerter très précisément sur les risques liés au dérèglement climatique. Pourtant, nous ne semblons pas tenir compte de ses rapports, comme l’a montré la gestion catastrophique de cet été.
Cette loi prévoit également la mise en place d’un conseil scientifique du climat, doté d’un comité permanent et indépendant d’experts scientifiques chargé du suivi et de l’évaluation de la politique climatique fédérale. Or ce conseil n’a toujours pas été mis en place. Où en êtes-vous à cet égard?
La loi prévoit également la publication de rapports de synthèse annuels sur les avancées ainsi que sur l’efficacité des politiques climatiques et énergétiques fédérales, donc de votre gouvernement. Nous n’en avons pourtant jamais vu la couleur.
Ce sont là des pistes d’action concrètes qui sont dans vos mains, monsieur le ministre. Où en est l’exécution de cette loi climat? Nous sommes aujourd’hui en 2026. Pour ma part, je suis arrivé dans ce Parlement en 2018, à une époque où d’immenses marches pour le climat avaient lieu partout dans le monde. Des élèves faisaient grève pour réclamer que l’on protège leur avenir. Ici même, dans les rues de Bruxelles, une manifestation a réuni plus de 100 000 citoyens qui ont marché pour un réveil, une véritable action et une ambition politique pour les protéger du dérèglement climatique et en limiter l’ampleur.
Puis, différentes actions ont suivi telles que le Green Deal européen ou encore la loi climat chez nous. À présent, nous vivons dans une ère où ces avancées-là sont en train d’être détricotées à l’échelle européenne, mais également en Belgique. En effet, que peut-on lire dans votre accord de majorité? Le climat y est mentionné trois fois. Il est systématiquement conditionné à la compétitivité, à travers l’opposition entre l’économie et le climat, alors que c’est le contraire qu’il faut faire. Même les entreprises l’ont compris. Aujourd’hui, c’est le politique qui est à la traîne et qui n’avance pas, alors que les citoyens sont confrontés à des difficultés terribles et doivent eux-mêmes se protéger des conséquences du dérèglement climatique au moyen d’actions entreprises à leur échelle pour le climat et pour l’environnement. Les entreprises aussi s’adaptent et développent des plans qui anticipent le dérèglement.
Et le politique, que fait-il? Il ne fait rien et reste bloqué dans de vieilles recettes. Le 11 octobre prochain, une grande marche pour le climat sera de nouveau organisée. Les citoyens commencent à en avoir assez de devoir marcher et marcher encore pour réclamer des actions politiques qui sont en réalité votre job. C’est votre boulot d’avoir de l’ambition pour protéger les citoyens, pour adapter notre société aux conséquences du dérèglement et pour prévenir, autant que faire se peut, une augmentation des problèmes et du dérèglement. Voilà votre travail! Donc, oui, il y aura encore des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Bruxelles. N’attendez pas qu’elles doivent à nouveau faire des grèves et organiser de grandes marches. C’est votre job! Mettez-vous au travail et agissez partout où vous pouvez le faire!

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