Question posée en séance plénière au ministre des Affaires sociales, David Clarinval. Le compte-rendu est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le ministre, GSK avait déjà fait parler de lui l’année dernière en supprimant les politiques de diversité, à la demande de Donald Trump. Déjà à l’époque, je vous interrogeais pour savoir quelles initiatives vous alliez prendre pour éviter les conséquences de cette décision.
Aujourd’hui, GSK annonce le licenciement massif de plus de 1 200 travailleurs. C’est aberrant de la part d’une entreprise qui a engrangé sept milliards de bénéfice en 2025 et qui, dans le même temps, a perçu un demi-milliard de subsides publics belges. Vous comprendrez bien que, aujourd’hui, les citoyens s’interrogent: pourquoi la Belgique accorde-t-elle autant d’aides publiques aux entreprises sans même les conditionner au maintien de l’emploi ni les évaluer. C’est quand même troublant.
En 2012, avec la fermeture d’ArcelorMittal, nous avons eu exactement les mêmes débats. Mon groupe avait soumis une proposition de loi pour récupérer les subsides, précisément dans le même cas de figure. Qu’est-ce qui a changé depuis? Rien du tout! On continue à laisser faire.
En revanche, ce qui a changé, c’est la situation des travailleurs licenciés qui, elle, par contre, s’empire nettement, en raison des politiques de l’Arizona. Vous avez supprimé l’accès à une prépension payée par l’employeur lors de restructurations. Vous avez plafonné le montant des préavis et limité le chômage dans le temps. Cela va inévitablement frapper de plein fouet certains travailleurs ici concernés. Et puis, la Wallonie a, elle, réformé les cellules de reconversion, qui fonctionnaient et avaient fait leurs preuves, et qui sont à présent transformées par des outils majoritairement au service de l’intérim.
Monsieur le ministre, ces licenciements, c’est la mise en situation réelle de votre méthode. J’aimerais dès lors savoir si vous êtes fier de ce bilan. Par ailleurs, pouvez-vous me dire ce qu’a donné la rencontre avec les syndicats et les employeurs? Surtout, qu’allez-vous faire pour préserver ces emplois et récupérer les montants?
Réponse du ministre :
Monsieur le président, chers collègues, ma première pensée va naturellement aux 1 217 travailleurs de GSK dont l’emploi est aujourd’hui menacé, ainsi qu’à leurs familles. Je mesure pleinement l’inquiétude, la colère et l’incertitude que suscite une annonce d’une telle ampleur. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes, des parcours professionnels et des familles dont l’avenir est aujourd’hui fragilisé.
Dès l’annonce de cette restructuration, nous avons souhaité réagir rapidement. C’est la raison pour laquelle j’ai participé, hier après-midi, aux côtés du premier ministre, du ministre-président wallon et du ministre wallon de l’Emploi, à des rencontres avec les représentants des travailleurs et de la direction de GSK. Ces échanges ont permis d’entendre les préoccupations des organisations syndicales et le projet de restructuration de GSK.
Selon les informations communiquées, la restructuration pourrait concerner jusqu’à 1 217 emplois, dont 735 cadres et 482 employés sur les sites de Wavre, Rixensart et Gembloux. Les ouvriers ne seraient pas concernés. Cette annonce s’inscrit dans une réorganisation internationale du groupe. Il est toutefois encore trop tôt pour en mesurer toutes les conséquences précises. C’est précisément tout l’enjeu de la procédure Renault qui vient de débuter.
J’attends de GSK une transparence totale sur les motivations de cette restructuration et sur ses conséquences. Les représentants des travailleurs doivent disposer de toutes les informations nécessaires pour pouvoir proposer des alternatives. J’ai également demandé à GSK que toutes les pistes permettant de préserver l’emploi soient examinées, notamment la mobilité interne, les départs volontaires, la formation et le redéploiement vers d’autres activités du groupe. À ce stade, il est toutefois prématuré de parler d’accords concrets. Les différentes possibilités devront être approfondies dans le cadre du dialogue social, qui doit pouvoir se dérouler pleinement.
Je serai particulièrement attentif au respect de ces obligations légales, en lien étroit avec mon administration, le SPF Emploi, qui dispose de l’expertise nécessaire pour veiller au respect du cadre légal. Je rappelle que les conciliateurs sociaux peuvent, dans le respect de leur indépendance, faciliter le dialogue entre les parties si nécessaire. Nous veillerons également à assurer une bonne coordination avec les autorités régionales compétentes afin de mobiliser les dispositifs de formation, de reconversion et d’accompagnement des travailleurs.
Cette restructuration soulève aussi une question plus large: celle de l’avenir de notre industrie en général, et du secteur pharmaceutique en particulier. En effet, au-delà du cas spécifique de GSK, nous faisons face à une concurrence internationale devenue féroce dans la course aux investissements, à l’innovation et aux emplois industriels. Sous l’administration du président Trump, les États-Unis développent une politique protectionniste assumée, notamment au travers des droits de douane, pour relocaliser sur leur territoire les activités de production et de recherche. GSK y a d’ailleurs annoncé 30 milliards de dollars d’investissements l’année dernière.
L’administration Trump développe, par ailleurs, une stratégie sanitaire peu propice à la vaccination, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’industrie pharmaceutique.
La Chine, quant à elle, est désormais un concurrent majeur dans les sciences de la vie. En moins de dix ans, elle a quadruplé sa part mondiale dans les essais cliniques. Or, les essais cliniques ne représentent pas seulement de la recherche. Ils permettent d’attirer l’ensemble de la chaîne de valeur, la recherche, les partenariats avec les universités et les hôpitaux, les start-up innovantes, les investissements industriels et, à terme, les emplois qui y sont liés.
In die context mogen België en Europa niet op hun lauweren rusten. Ons land beschikt over aanzienlijke troeven. De farmaceutische sector vertegenwoordigt vandaag 45.000 directe jobs, 6 miljard euro aan investeringen in onderzoek en ontwikkeling en 15 % van onze export. De Pharma Valley is daarom strategisch voor onze economie.
Het is precies om die positie te vrijwaren dat we actie moeten ondernemen. Als minister van Economie heb ik in die zin verschillende initiatieven genomen. Zo zet ik mij onder meer in voor Pharma Boost, een hervorming die tot doel heeft de procedure te vereenvoudigen en het op de markt brengen van geneesmiddelen te versnellen, om ons land aantrekkelijker te maken voor investeringen. Dat zou ook de patiënten ten goede komen.
Ik heb op 15 september jongstleden het observatorium van de farmaceutische sector opnieuw gevat om te beschikken over een actueel en objectief beeld van de sector, sneller waarschuwingssignalen te identificeren en ons overheidsbeleid bij te sturen om de competitiviteit van de sector daadwerkelijk te versterken.
Op Europees niveau steun ik de Biotech Act, die tot doel heeft de regelgevende en financiële belemmeringen weg te nemen die de ontwikkeling van biotechnologiebedrijven afremmen.
Mais il faut aller plus loin. J’entends certains propos caricaturaux remettre en cause les incitants fiscaux accordés aux entreprises, ou prétendre qu’ils seraient dépourvus de toute condition relative à l’emploi. Selon certains collègues ici présents, les aides fiscales ne seraient pas conditionnées. Il est pourtant essentiel de tenir compte des réalités économiques. Prenons l’exemple de la dispense de versement du précompte professionnel pour la recherche et le développement. Cet avantage est directement lié à l’emploi effectif de chercheurs en Belgique. Sans emploi ancré dans le territoire belge, il n’y a pas d’avantage fiscal. Sans ces incitants, ce sont précisément des emplois et des investissements que nous risquons de perdre. Cette aide est donc bel et bien conditionnée à des jobs sur notre territoire.
Nous évoluons dans un environnement international extrêmement concurrentiel, où personne ne se fait de cadeau. Dans ce contexte, nous devons tout mettre en œuvre pour préserver notre activité, maintenir les multinationales déjà présentes sur notre territoire et en attirer de nouvelles. Ces entreprises jouent un rôle essentiel dans notre économie, non seulement du point de vue de l’emploi et de l’investissement, mais aussi parce qu’elles soutiennent tout un tissu de PME, de sous-traitants et de fournisseurs locaux. Je rappelle qu’en 25 ans, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée belge est tombée de 20 à 13 %. Ce recul n’est pas une fatalité. Nous devons l’enrayer et inverser la tendance.
Notre ambition doit être de préserver et de renforcer notre base industrielle en Belgique aussi bien qu’en Europe. J’ose espérer que nous partageons tous cette ambition. En effet, la meilleure politique pour protéger durablement l’emploi ne consiste pas à décourager l’investissement, mais à réunir les conditions permettant aux entreprises de choisir la Belgique pour y investir, produire, innover et créer de la valeur. C’est en renforçant notre compétitivité, et non en l’affaiblissant, que nous préserverons les emplois d’aujourd’hui et créerons ceux de demain. Je vous remercie de votre attention.
Ma réplique :
Monsieur le ministre, je pense qu’il est temps d’ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe aujourd’hui. On n’entend pas un mot sur le caractère extrêmement problématique de percevoir autant d’aides publiques – on parle d’un demi-milliard d’euros – et de licencier du jour au lendemain plus de 1 200 personnes. Trouvez-vous cela normal?
Avec n’importe quel autre secteur, vous seriez déjà en train de dénoncer cela dans toute la presse. Si c’était des allocataires sociaux… Quand ce sont des associations, il faut carrément un doctorat pour arriver à remplir les justificatifs pour toucher 1 000 euros de subsides. Mais ici, un demi-milliard, et tout va bien!
En fait, ce qu’il se passe ici n’est pas du tout de votre faute; c’est la faute des États-Unis, de la Chine. À quel moment allez-vous prendre vos responsabilités? Je suis désolée, monsieur le ministre, mais vous avez créé des conditions favorables à la catastrophe sociale qui est en train de se produire ici, en facilitant les licenciements, en affaiblissant la concertation sociale. Vous avez facilité la tâche à GSK, et vous avez potentiellement pesé dans cette décision. Vous devez regarder la réalité en face. C’est important!
Monsieur le ministre, je pense qu’aujourd’hui, il est temps justement de faire en sorte que ces aides d’État puissent véritablement maintenir de l’emploi, en renforçant les conditionnalités, en montrant les dents et en disant qu’aujourd’hui, GSK, s’il ne maintient pas ses emplois, va rembourser ces aides; et que les aides d’État ne seront pas maintenues.
C’est ce qu’il faut faire face à des géants pareils, qui sont sans scrupules; et face aux États-Unis qui, eux, n’hésitent pas à mettre en place des politiques de ce type. Je vous remercie.

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