Question posée en séance plénière au Premier ministre, Bart De Wever. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le premier ministre, c’est la rentrée politique, nous y sommes. Chacun, dans son parti et dans cette Assemblée, fourbit ses armes, réorganise son plan de bataille et revoit ses priorités politiques pour être en ordre de marche face à une nouvelle année qui s’annonce pleine de défis. Et tandis que chacun semble plutôt bien s’organiser, du côté de l’Arizona, cela semble être un peu moins le cas.
Ces derniers jours, nous avons pu le constater: du côté du MR, des déclarations ouvertes pour critiquer vos méthodes et vos objectifs; du côté des Engagés, on est à court d’idées, alors on lance une consultation citoyenne pour demander aux citoyens de venir aider à trouver des idées d’économies; et du côté du cd&v, on est plutôt dans le chantage affectif, où l’on menace d’avaler une ampoule si l’on touche à son joujou.
Monsieur le premier ministre, votre responsabilité est de vous présenter ici, devant le Parlement, mais surtout devant les Belges, avec un budget pour le 13 octobre, c’est-à-dire dans moins de quatre semaines. Un budget qui doit répondre à des enjeux: au pouvoir d’achat qui s’érode, bien sûr, mais aussi aux conséquences de l’été meurtrier que nous venons de traverser, marqué par plus de 3 000 morts et plus de 3 000 hectares partis en fumée.
Monsieur le premier ministre, je ne vous demande pas d’enfiler un sarouel ni d’aller prier le dieu de la pluie. Ce que nous vous demandons, c’est de préparer ce pays aux prochains événements climatiques extrêmes. Car, nous le savons, et les scientifiques nous le répètent depuis des décennies: ces événements vont se multiplier et s’intensifier.
Monsieur le premier ministre, comment allez-vous intégrer cette réalité dans vos plans et revoir votre stratégie pour garantir aux Belges qu’ils ne revivront pas un été comme celui-ci et qu’ils seront protégés par leur gouvernement?
Réponse du Premier ministre :
Chers collègues, je vous remercie pour vos questions à l’occasion de cette première séance plénière de l’année parlementaire. Elles nous offrent l’occasion de revivre dans son intégralité le débat d’hier en commission. Vous démontrez une fois de plus que cette Assemblée reste fidèle à ses traditions.
Une autre tradition veut également que, à l’approche de l’élaboration du budget, vous me posiez toute une série de questions de fond auxquelles je ne peux pas répondre pour l’instant au nom du gouvernement, en ma qualité de Premier ministre. Vous comprendrez que je ne pourrai le faire qu’une fois qu’un accord aura été trouvé au sein du gouvernement. Au cours des prochaines semaines, toute mon attention sera consacrée à la conclusion de cet accord.
Nous travaillons à l’élaboration d’un plan budgétaire visant à réduire le déficit prévu d’au moins 10 milliards d’euros d’ici 2029. Si nous y parvenons, nous aurons comblé les deux tiers de l’écart entre la trajectoire budgétaire fixée par ce gouvernement et celle que le FMI juge appropriée pour réduire le ratio d’endettement.
J’apprécie bien sûr énormément la contribution et les projets des partis qui sont actuellement dans l’opposition et qui ont des idées pour remédier à ce qu’ils ont laissé en suspens. C’est très apprécié.
J’ai moi-même, bien sûr, de nombreuses idées sur la manière dont nous pouvons mener cela à bien et sur la façon dont nous pourrons ensuite poursuivre pour achever complètement cet exercice au début de la prochaine décennie. J’en ai effectivement parlé hier en commission.
Cela n’est bien sûr pas en discussion pour l’instant. Nous devons maintenant mettre en œuvre l’assainissement qui nous est proposé. La population pourra également se prononcer sur le reste en 2029. L’assainissement qui nous est proposé est en soi déjà suffisamment ambitieux et délicat pour que nous nous y consacrions exclusivement au cours de la période à venir.
Certaines tendances politiques mettront tout en œuvre dans les semaines à venir pour présenter cet assainissement sous un jour défavorable et monter la population contre lui. En réalité, cela a déjà commencé aujourd’hui. Certains partis ont en effet mobilisé l’ensemble de leurs adhérents dans la tribune du public à cette fin. C’est bien sûr leur droit démocratique.
J’appelle toutefois toutes les forces politiques constructives à ne pas se laisser influencer par cela, et encore moins paralyser. Si nous nous laissons paralyser, cela signifie que nous nous exposerons à la méfiance des marchés internationaux à un moment particulièrement mal choisi.
Si nous agissons ainsi, cela ne fera que rendre la tâche encore plus ardue par la suite. Les mesures devront être encore plus radicales pour un résultat moindre. Je pense que cela ne profite à personne, quelles que soient vos convictions idéologiques.
Pour le reste – et je sais que ce n’est pas une réponse sur le fond, mais vous savez que je ne pouvais pas en donner une –, je vous renvoie à ce que j’ai dit très longuement hier sur ce thème lors des différentes réunions de commission. Je vous remercie.
Ma réplique :
Monsieur le premier ministre, nous n’avons toujours pas entendu un seul mot de votre part depuis le mois de juin en rapport avec la catastrophe que nous avons vécue cet été. Plus de 3 000 morts, et pas un mot du premier ministre! Dans n’importe quel autre contexte, cela serait perçu comme l’attitude d’un premier ministre totalement indigne de sa fonction. Comment osez-vous manquer de dignité à ce point envers les personnes décédées, leurs familles et leur entourage? Comment pouvez-vous vous livrer à ce jeu politique consistant à refuser à ce point de parler du climat, au point d’en devenir méprisant envers votre propre population?
Nous voulons que vous agissiez aujourd’hui pour que cela ne se reproduise pas l’année prochaine. Vous devez intégrer cette donnée dans votre budget parce que la crise de cet été, vous a coûté 6 milliards d’euros, si c’est cela que vous préférez entendre. Je vous remercie.

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