Question orale posée le 6 janvier 2026 au ministre du Climat Jean-Luc Crucke. Le compte-rendu complet est à retrouver ici.

Ma question :

Monsieur le Ministre,

L’article “PFAS : de la bombe atomique aux installations nucléaires” de l’ONG « Sortir du nucléaire » met en lumière l’ampleur de l’usage de PFAS dans l’industrie nucléaire — usage qui remonterait à l’origine même du développement nucléaire civil et militaire, et qui se poursuivrait dans les processus d’enrichissement de l’uranium, de fabrication et retraitement des combustibles, ainsi que dans l’entretien des installations (joints, graisses, fluides caloporteurs, etc.).

Dès lors :

  • Le Gouvernement dispose-t-il d’un inventaire des usages passés et actuels des PFAS sur l’ensemble des installations nucléaires, civiles et éventuellement militaires, situées en Belgique ? Pourriez-vous m’en détailler le contenu?
  • Dans la négative, une telle initiative est-elle prévue, couvrant l’ensemble des familles de PFAS (polymères comme non-polymères), et pas seulement une sélection restreinte ?
  • En lien avec les régions, des campagnes de mesures et analyses des sols, eaux souterraines, eaux de surface, rejets liquides et atmosphériques ont-elles été menées ou sont-elles planifiées autour des sites nucléaires belges?
  • Quel dispositif de surveillance pérenne l’État belge a-t-il mis en place pour garantir un suivi de toutes les formes de rejets (liquides, vapeurs, poussières, lixiviats, fumées d’incinération, etc.) susceptibles de contenir des PFAS issus du cycle nucléaire ?
  • Les résultats de ces analyses sont-ils rendus publics — de façon transparente et accessible — afin d’informer la population locale, les autorités régionales et les collectivités concernées ?
  • Concernant les déchets (déchets liquides, solides, incinération, combustibles usés, etc.) contenant des PFAS, quelles filières de gestion, traitement ou confinement sécurisé ont été mises en œuvre ou sont planifiées pour éviter toute dissémination dans l’environnement ?
  • Si aucune filière dédiée n’existe, en lien avec les régions, le Gouvernement considère-t-il la création d’un plan national de gestion des déchets PFAS issus du nucléaire ?
  • Le Gouvernement entend-il appliquer le principe du « pollueur-payeur » aux entités (étatiques ou privées) gestionnaires d’installations nucléaires, pour couvrir les coûts d’analyse, de dépollution éventuelle, de suivi à long terme et de restauration environnementale ?
  • Si oui, comment cela sera-t-il concrètement mis en œuvre, et avec quel calendrier ?

 

Ma réplique : 

Je vous remercie, monsieur le ministre, pour vos réponses. Votre première adresse pour l’année 2026.  

N’hésitez pas à compléter votre dossier. Dans l’intervalle, il n’est pas aisé de cerner la nature de la situation, d’en avoir une vision d’ensemble et d’en évaluer la clarté. Si le problème se pose la première étape consiste à coordonner les différents ministres compétents.

En réalité, il y a tant à faire – il ne suffit pas de revenir sur le sujet – à cause de l’utilisation des PFAS, non seulement en raison de la chimie, mais aussi de l’agriculture et des usages quotidiens. L’utilisation des PFAS dépend de la nature des polluants présents dans l’environnement, ainsi que de l’impact de l’environnement sur notre santé. L’historique de la pollution est une source de préoccupation pour les finances publiques actuelles et futures, même si les budgets sont tributaires de la pollution. Cela dépend également de la nature de la préparation des autorités et de leur réflexion sur les limites du possible.