Question d’actualité au Ministre Clarinval lors de la séance plénière du 29 janvier 2026. Le compte rendu intégral peut être lu ici.
Ma question :
Monsieur le ministre, on ne peut pas dire qu’hier soir, c’était la soirée de votre vie. J’ai regardé l’émission « QR le débat » et, franchement, sur le plateau, le malaise était palpable. En ce qui concerne votre réforme du chômage, plus le temps passe, plus les effets sont clairement visibles et concrets, plus on remarque que vous avez mis la charrue avant les bœufs. Et on voit également à quel point le soutien à votre réforme s’effrite. Hier soir, les téléspectateurs n’étaient plus qu’un tiers à vous soutenir. Monsieur le ministre, cette façon de faire a des impacts terribles. Vous auriez dû les anticiper mais vous avez décidé de ne pas le faire. Aujourd’hui, ils sont d’une violence extrême pour certains groupes de la population. Il y a, par exemple, ces travailleuses ALE qui, en raison de votre réforme, vont perdre leur emploi et se retrouveront sans doute au CPAS. Et, puis, il y a ces travailleurs de plus de 55 ans qui, eux aussi, se retrouveront dans des grandes difficultés. On vous alerte depuis des mois à ce sujet. Pourtant, vous n’avez prévu aucune mesure d’accompagnement pour ce groupe-là. Et c’est pareil pour les jeunes. Même le soutien pour que les employeurs engagent des « premiers emplois » a été supprimé par votre gouvernement. Enfin, le plus scandaleux, c’est le cas des aidants proches, ces personnes qui, en relais de la société défaillante, prennent en charge un proche handicapé ou malade en lieu et place de la société.
Monsieur le ministre, hier soir, vous n’avez pas répondu à la question: prendrez-vous des mesures d’urgence pour qu’aucun aidant proche ne perde un seul euro avec votre réforme? Par ailleurs, vous avez évoqué une prolongation d’un an. On n’a pas très bien compris la réponse. S’agissait-il d’un congé d’aidant proche ou de la dispense de travail? Enfin, qu’en est-il de la création d’un vrai statut d’aidant proche?
La réponse du ministre :
Monsieur le président, madame et messieurs les députés,
Lorsqu’une personne arrive en fin de droit au chômage, ce n’est jamais une abstraction administrative ; c’est une réalité humaine qui doit être regardée avec objectivité et empathie. Personne ne nie la difficulté de cette étape. Nous avons aussi le devoir de dire clairement les choses : le meilleur rempart contre la précarité et la pauvreté est l’emploi, pas l’inactivité prolongée. Le travail reste le premier facteur d’autonomie, de revenus stables, d’intégration sociale et de dignité. La réforme repose sur un équilibre clair : responsabiliser, activer, mais aussi protéger au moment de la perte d’emploi. La durée des allocations est, certes, dorénavant encadrée, mais cela va de pair avec un devoir collectif d’accompagnement. Ce dernier est assuré en première ligne par les services régionaux de l’emploi. Les régions et les opérateurs se préparent activement. De plus, des dispositifs ont été renforcés. Les formations sont davantage ciblées vers les besoins réels du marché du travail, en particulier dans les métiers en pénurie. Des solutions existent également dans l’économie sociale et dans le travail adapté. En dernier recours, car nous sommes conscients que tout le monde ne pourra pas retrouver du travail, les CPAS remplissement également un rôle essentiel de relais et de d’accompagnement social, au moyen d’une approche individualisée et orientée vers la réinsertion. Nous avons refinancé massivement les CPAS afin qu’ils puissent supporter cette charge supplémentaire. Au regard de tous ces éléments, vous comprendrez donc, madame la députée, qu’il est faux de dire que la réforme du chômage mène à la précarité. La meilleure protection sociale est l’emploi. Notre ligne est cohérente : responsabiliser, accompagner et activer.
Ma réplique :
Monsieur le ministre, merci pour votre réponse. Toutefois, vous ne répondez pas à mes questions. À nouveau, vous n’apportez aucune garantie à ces personnes qui auraient dû être protégées par votre réforme. Vous auriez dû anticiper et créer des exceptions pour différents publics. Vous ne l’avez pas fait. À présent, nous assistons à un véritable carnage social. Nous entendons certains groupes tels Les Engagés nous dire : « C’est terrible! Nous aurions voulu obtenir, pendant les négociations relatives à cette réforme, une protection pour les aidants proches, mais nous ne l’avons pas obtenue. » Il était bien temps de s’en rendre compte! À présent, on nous dit que Les Engagés ont déposé une proposition de résolution à ce sujet. C’est quand même la meilleure! Au lieu de négocier au sein du gouvernement afin de corriger cette réforme, des parlementaires déposent une proposition de résolution pour demander à leur propre gouvernement d’apporter une modification. De qui se moque-t-on, chers collègues ! Monsieur le ministre, je vous demande une dernière fois : faites en sorte de corriger.

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