Les PFAS sont partout : dans l’eau que nous buvons, les aliments que nous ingérons, les vêtements que nous portons. Invisibles, persistants et très toxiques, ces substances chimiques représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Face à cette menace, j’ai déposé deux propositions de loi pour réduire drastiquement l’exposition de la population belge à ces “polluants éternels”.
Une fois dans l’environnement, ces polluants y restent pendant des décennies et s’accumulent dans notre organisme. Nous ne pouvons pas continuer à exposer la population à ces substances alors que des alternatives existent. Il est urgent que la Belgique prenne ses responsabilités.
Partout en Europe, des pays avancent pour limiter ces produits dangereux. Pendant ce temps, le Ministre de l’environnement, Jean-Luc Crucke, des Engagés, reste passif, préfèreattendre l’Europe”. Au Parlement aussi, les membres de l’Arizona ont refusé d’agir et ont rejeté notre texte. Pourtant, protéger la santé des citoyens de substances avérées nocives devrait être une priorité absolue.
Deux propositions de loi pour protéger la santé des Belges
La première vise à interdire la présence de PFAS dans plusieurs produits de consommation pour lesquels des alternatives existent déjà :
- les ustensiles de cuisine et matériaux en contact avec les aliments,
- les cosmétiques,
- les mousses anti-incendie,
- les textiles, à l’exception des équipements de protection pour certains professionnels.
La seconde proposition de loi s’attaque à un usage encore peu connu mais particulièrement préoccupant : les pesticides contenant des PFAS.
Ces substances sont pulvérisées dans les champs, contaminant les sols, l’eau et les aliments. En Belgique, 30 substances actives PFAS sont encore autorisées dans les pesticides, et leur utilisation a augmenté ces dernières années.
Les deux textes prévoient une interdiction de leur mise sur le marché afin de protéger la santé des citoyens et l’environnement.
Des substances invisibles mais omniprésentes
Les PFAS – substances per- et polyfluoroalkylées – sont une famille de produits chimiques de synthèse utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. Ils se retrouvent dans des milliers de produits du quotidien : ustensiles de cuisine, cosmétiques, textiles, mousses anti-incendie, emballages alimentaires ou encore pesticides utilisés en agriculture.
Le problème est simple : ces substances ne se dégradent pas dans la nature. On les surnomme d’ailleurs les “polluants éternels”. L’exposition de la population est généralisée. Les PFAS contaminent la chaîne alimentaire et se retrouvent notamment dans les fruits, les légumes, les poissons ou les produits de la mer. Ils peuvent également être absorbés par la peau via certains vêtements ou cosmétiques.
Un risque bien réel pour la santé
Les PFAS ne sont pas seulement persistants : ils sont aussi nocifs pour la santé humaine.
De nombreuses études scientifiques montrent qu’ils peuvent agir comme perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire dérégler le système hormonal. Leur exposition est associée à des effets graves : troubles de la fertilité, cancers, maladies thyroïdiennes, augmentation du cholestérol, atteintes du système immunitaire ou encore problèmes de développement chez l’enfant.
Certaines populations sont particulièrement vulnérables : les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.
L’Autorité européenne de sécurité alimentaire a d’ailleurs réduit drastiquement le seuil d’exposition tolérable à certains PFAS. Pourtant, ces seuils ne concernent aujourd’hui que 4 substances sur les milliers qui existent.
Pour la santé publique, le coût est immense. À l’échelle européenne, les maladies liées aux PFAS pourraient représenter entre 52 et 84 milliards d’euros par an.
Pour l’environnement, le coût de la dépollution est incroyablement élevé : rien que pour la Belgique, la facture oscille entre 2,5 milliards et 40 milliards sur 20 ans. Pour l’Europe, le coût pourrait monter jusqu’à 2 000 milliards d’euros.
La Belgique déjà confrontée à des pollutions majeures
Ces dernières années, plusieurs scandales ont mis en lumière l’ampleur de la contamination.
L’exemple le plus connu est celui de Zwijndrecht, en Flandre, où la pollution liée à l’usine 3M a entraîné des niveaux extrêmement élevés de PFAS dans les sols et dans le sang des habitants. Des études ont montré chez des adolescents exposés des effets préoccupants, notamment des perturbations hormonales et un affaiblissement du système immunitaire. Aujourd’hui, les habitants ne peuvent plus consommer les légumes de leur potager ni les oeufs de leurs poules.
En Wallonie aussi, plusieurs communes autour de Chièvres ont été touchées par des contaminations importantes.
Des pays européens avancent déjà
En France, le Parlement a adopté une loi qui interdit la fabrication, l’importation, l’exportation et la vente de plusieurs produits contenant des PFAS ; les cosmétiques par exemple, ou certains textiles et chaussures. La loi instaure également le principe de pollueur-payeur, qui prendra la forme d’une taxe sur les émissions industrielles de PFAS dans l’eau – qui servira à financer la dépollution et le traitement de l’eau.
Au Danemark, on a interdit en 2020 les PFAS dans les emballages alimentaires afin d’éviter leur migration vers la nourriture. L’eau potable est désormais aussi surveillée de près, et des normes strictes ont été établies. En parallèle, les autorités mènent des programmes de dépollution des sites contaminés. Le pays soutient par ailleurs une interdiction large de la majorité des polluants éternels.

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