Ma question au ministre de l’Agriculture, David Clarinval, le 25 juin 2026. Le compte rendu peut être lu ici.
Ma question :
Monsieur le Ministre,
L’association GAIA a déposé plainte avec constitution de partie civile auprès du juge d’instruction de Mons contre l’abattoir d’Ath, exploité depuis 2026 par la coopérative WapiMeat. Des images filmées entre février et avril 2026, diffusées le 16 juin dernier, montrent des cas répétés de maltraitance animale : animaux abattus sans étourdissement préalable, saignés à vif, soumis à des électrochocs. Cet abattoir concentrerait, selon GAIA, près des deux tiers de l’activité d’abattage ovin de la Région wallonne, avec environ 20.000 moutons abattus chaque année.
L’AFSCA est notamment chargée du contrôle du bien-être animal dans les abattoirs, en vertu du règlement européen (CE) n° 1099/2009 relatif à la protection des animaux au moment de leur mise à mort, ainsi que de la présence de vétérinaires officiels sur les sites d’abattage. Il apparaît par ailleurs que les pratiques dénoncées par GAIA se seraient répétées pendant plusieurs mois sans avoir été détectées ou sanctionnées par les autorités de contrôle.
Au vu de ces éléments, je souhaiterais vous poser les questions suivantes :
- Quelle est la fréquence des contrôles effectués par l’AFSCA, et plus particulièrement par les vétérinaires officiels présents sur site, à l’abattoir d’Ath ? Un vétérinaire officiel était-il présent en permanence durant les opérations d’abattage concernées par les images de GAIA ?
- L’AFSCA disposait-elle, avant la diffusion de ces images, d’éléments laissant supposer des manquements à l’abattoir d’Ath (rapports de contrôle défavorables, plaintes, avertissements) ? Si oui, quelles suites leur ont-elles été données ?
- Comment expliquer que des pratiques visiblement récurrentes sur plusieurs semaines, selon GAIA, n’aient pas été constatées par les services de contrôle de l’AFSCA présents sur le site ?
- L’AFSCA a-t-elle ouvert son propre dossier de contrôle ou d’enquête administrative suite à la diffusion de ces images, indépendamment de la procédure judiciaire engagée par GAIA ? Dans l’affirmative, quel est son calendrier et quelles mesures (avertissement, suspension d’agrément, amende) peuvent en découler ?
- Disposez-vous d’un état des lieux, à l’échelle nationale, du nombre de vétérinaires officiels affectés au contrôle du bien-être animal dans les abattoirs, rapporté au nombre d’établissements et au volume d’animaux abattus ? Le Gouvernement estime-t-il que les moyens humains et financiers actuellement alloués à l’AFSCA pour ce type de contrôle sont suffisants ?
- Le cas échéant, l’AFSCA envisage-t-elle de renforcer ou de modifier sa méthodologie de contrôle dans les abattoirs (fréquence, usage de la vidéosurveillance, contrôles inopinés) afin de mieux détecter ce type de manquements à l’avenir ?
- Quelle coordination existe-t-elle entre l’AFSCA et les autorités régionales compétentes en matière de bien-être animal (en l’occurrence la Région wallonne) dans le suivi de ce dossier, et plus largement dans la répartition des compétences de contrôle entre niveaux de pouvoir ?
La réponse du ministre :
En ce qui concerne l’abattoir d’Ath, je tiens tout d’abord à rappeler que le bien-être animal est une compétence qui est dans les mains des régions.
Afin d’éviter la multiplication des contrôles et des coûts qui y sont liés, il existe toutefois un protocole entre l’AFSCA et la Région wallonne concernant le contrôle du bien-être animal. Dans ce cadre, l’AFSCA vérifie pour le compte de la région, un certain nombre d’exigences relatives à la protection et au bien-être des animaux. Les observations effectuées sont alors transmises à la région. Je tiens à dire clairement qu’aucune forme de maltraitance animale ne peut être tolérée dans les abattoirs.
L’AFSCA a pris connaissance des images diffusées par GAIA le mardi 16 juin 2026 en matinée. Le même jour, le vétérinaire chargé de mission, responsable administratif au sein de l’abattoir d’Ath, a également été contacté par un inspecteur de l’unité du bien-être animal du Service public de Wallonie (SPW).
Le 18 juin 2026, l’unité du bien-être animal du SPW a adressé une demande de renseignements et de collaboration à l’AFSCA dans le cadre « des révélations médiatiques récentes relatives à des faits de maltraitance animale constatés à l’abattoir d’Ath exploité par la coopérative WapiMeat ». À ce stade, aucun élément ne permet de conclure à un dysfonctionnement dans l’application du protocole de collaboration entre l’AFSCA et la Région wallonne.
S’agissant des contrôles, l’abattoir fait l’objet d’une inspection trimestrielle de l’AFSCA. Depuis janvier 2026, à la suite d’une procédure de retrait d’agrément, un contrôle mensuel a été effectué. Au cours des deux dernières années, plusieurs inspections ont été menées sur place, notamment dans le cadre de la santé animale et du contrôle des transports. À l’issue de ces contrôles, les observations sont transmises à l’unité bien-être de la Région wallonne.
Selon les informations dont je dispose, aucune non-conformité majeure, susceptible de révéler des pratiques de maltraitance, n’avait été constatée jusqu’à présent. Il convient toutefois de rappeler qu’aucun système de contrôle ne permet d’avoir un inspecteur en permanence derrière chaque travailleur. Les contrôles s’inscrivent dans un cadre structuré et régulier. Les check-lists et formulaires d’information sont transmis par l’Agence à la région. Les infractions mineures, constatées en dehors des contrôles programmés, sont consignées dans le livre de bord de l’abattoir pour que l’exploitant et son responsable bien-être animal prennent les actions nécessaires.
Pour connaître le nombre d’infractions constatées et le suivi éventuel qui a été donné, ainsi que pour toute autre question, il est nécessaire de s’adresser à l’unité du bien-être animal de la Région wallonne.
Enfin, je comprends qu’une plainte a été déposée par GAIA auprès d’un juge d’instruction. Cette démarche me paraît appropriée et permettra, le cas échéant, de mener toutes les investigations nécessaires afin d’établir les faits et les responsabilités.
Ma réplique :
Merci, monsieur le ministre, pour vos réponses assez techniques et descriptives de la façon dont fonctionnent les choses.
J’aurais attendu de votre part l’annonce de certaines actions. Le soutien à l’action de GAIA, c’est certes autre chose, je suis contente de vous l’entendre dire. Néanmoins, il me semble que certains dysfonctionnements ne doivent plus se reproduire et il ne revient aux seules associations de prendre cela en charge. Ces dysfonctionnements doivent vous alerter aussi, par l’intermédiaire de l’AFSCA. Il convient d’analyser comment mettre en place des changements pour que cela ne se reproduise plus.

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