Question posée à la ministre de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt. Le compte-rendu est à retrouver ici.

Ma question :

Une étude de la Fédération des Services Sociaux est accablante: en 30 ans, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a quadruplé, ils sont aujourd’hui 561 708. Or le budget fédéral alloué est passé de 27 millions d’euros en 2025 à 15,5 millions en 2026, sans compter la réduction de la déductibilité des dons aux associations et la concurrence d’applications de vente alimentaire rapide. Vous déclarez dans la presse qu’il n’est pas question de mettre en difficulté les banques alimentaires, mais la Croix-Rouge a dû réduire ses paniers de dix à huit repas.

Augmenterez-vous les moyens de l’aide alimentaire? Avez-vous rencontré les associations? Comment garantissez-vous que les banques alimentaires assument l’augmentation de demandes? Travaillez-vous avec le ministre de la Lutte contre la pauvreté et les ministres des entités fédérées?

Réponse de la ministre :

Mon administration n’a pas d’évaluation spécifique sur ce point. Nous sommes en contact étroit avec les organisations de terrain, via les concertations organisées par mon administration. Le principal constat demeure l’augmentation du nombre de bénéficiaires de colis alimentaires.

Je reconnais l’importance de l’aide alimentaire. J’ai effectué une visite de travail auprès de la Banque alimentaire et participé à une concertation jugée constructive. Les constats des acteurs de terrain sont pris au sérieux et les contacts avec eux seront maintenus de manière régulière.

S’agissant du financement du secteur de l’aide alimentaire, si les pouvoirs publics doivent en garantir la pérennité dans le contexte actuel, l’autorité fédérale estime ne pas pouvoir assurer un financement structurel complet d’une compétence relevant des Communautés. Des concertations ont dès lors été entamées avec les entités fédérées.

L’autorité fédérale prévoyait initialement un cofinancement de 10 %, qui a été relevé en 2021. Malgré le contexte budgétaire, cet effort est maintenu.

Ma réplique : 

L’augmentation du recours à l’aide alimentaire est présentée ici comme une conséquence directe des mesures prises par ce gouvernement. Les personnes exclues du chômage, qui ne parviennent pas à retrouver un emploi et ne sont pas éligibles au CPAS, se retrouvent dans une situation de grande précarité.

Il est également affirmé que la réforme du chômage aurait permis au niveau fédéral de réaliser des économies significatives. Dans ce contexte, il est reproché à l’autorité fédérale de transférer la charge des conséquences vers les entités fédérées, alors même que celles-ci seraient déjà fortement sous pression financière et contraintes d’augmenter le coût des services publics pour les citoyens.

Dès lors, la position défendue est que le niveau fédéral devrait assumer pleinement les effets sociaux et budgétaires de ses propres réformes, plutôt que d’en reporter l’impact sur d’autres niveaux de pouvoir.