Question d’actualité posée en plénière au ministre David Clarinval le 12 février 2026. Le compte rendu intégral de la séance peut être lu ici.
Ma question :
Monsieur le ministre,
Marie élève seule une enfant autiste. Elle enchaîne les rendez-vous entre l’école spécialisée, la logopède et les rendez-vous chez le médecin. Elle est au chômage, mais elle arrive à travailler deux jours par semaine en moyenne. Lorsqu’elle sera exclue du chômage pour aller vers le CPAS, elle ne pourra plus travailler que deux jours par mois, et elle ne pourra gagner qu’un maximum de 2 086 euros par mois. Rachida s’occupe de son fils de 12 ans, Rayan, lourdement handicapé. Elle aussi va perdre son revenu le 1er mars. Elle touche un taux cohabitant de 745 euros actuellement, mais vu que son mari travaille – il gagne 2 000 euros –, elle n’aura pas accès au CPAS, une perte d’à peu près 1/3 du revenu pour cette famille. Françoise a deux enfants, elle est aidant proche, et elle sera exclue du chômage le 1er mars. Elle, elle est recevable au CPAS. En revanche, son revenu d’intégration sociale (RIS) sera raboté de 250 euros par mois parce qu’elle est propriétaire de sa maison.
Monsieur le ministre,
tous ces cas-là, nous les connaissons. Nous savons depuis le début que cela allait se passer. La réforme a été votée le 17 juillet, vous avez eu 210 jours pour trouver une solution pour ces cas et aujourd’hui, vous vous retrouvez au pied du mur. Il ne vous reste plus que 17 jours pour trouver une solution pour ces personnes.
On a pu lire dans la presse ce week-end les larmes de crocodile: « on va trouver une solution, personne ne sera laissé au bord du chemin. » Or, dans les faits, que constatons-nous ? C’est qu’à ce stade, aucune solution n’a été trouvée, ni pour Marie, ni pour Rachida, ni pour Françoise, ni pour toutes les autres qui vont être exclues au 1er mars.
Monsieur le ministre,
ma question est simple, mais je vous la pose depuis des semaines : allez-vous faire en sorte qu’aucun aidant proche ne soit exclu du chômage au 1er mars ?
Ma réplique :
Monsieur le ministre,
je dois vous confier que nous débattons régulièrement en interne pour déterminer si vous agissez par incompétence ou par malveillance. Franchement, aidez-nous à trancher! Quelle indécence! Vous avez eu 210 jours pour apporter une solution à ces personnes qui seront exclues au 1er mars. Vous n’avez pas avancé d’un iota sur la question. Vous vous trouvez au pied du mur. Vous avez 17 jours pour aboutir. Pendant ce temps, vous continuez à nous sortir des banalités et à tourner autour du pot sans apporter de solution concrète.
Vous nous dites être ouvert à toute proposition. Hier, une proposition de loi figurait à l’agenda et a été rejetée par votre gouvernement. Nous avions aussi déposé des amendements, qui ont également été balayés par l’Arizona. Alors, franchement, qu’attendez-vous pour apporter de vraies solutions en faveur des aidants proches ? Il vous reste 17 jours !

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