Question d’actualité adressée au Premier Ministre Bart De Wever et reçue par Jan Jambon lors de la séance plénière du jeudi 5 février 2026. Le compte rendu intégral peut être lu ici.
Ma question :
Monsieur le ministre,
nous regrettons évidemment que le premier ministre ne puisse être parmi nous pour souffler sa première bougie. C’est sûr, il y a des vents contraires. La situation n’est pas simple et on ne peut pas vraiment dire que le cœur soit à la fête.
Voici un an, alors que nous étions ici ensemble, le premier ministre nous invitait tous, tous les Belges, à une grande balade à vélo. Il nous disait que ce ne serait pas simple, qu’il y aurait comme une grosse côte, mais que, quand nous serions arrivés tout en haut, tous ensemble, – nous avions quand même déjà des doutes car on ne part pas tous avec les mêmes chances, certains en tricycle, d’autres avec un pneu crevé et d’autres avec un super vélo électrique – la vue serait magnifique, une fois l’effort collectif mené. Que constate-t-on un an plus tard ? Le gouvernement semble avoir rangé les bécanes pour les troquer contre une grande partie de chasse dont les Belges sont les proies.
Alors, cela a commencé avec les demandeurs d’emploi, entraînant dans le même lot des dégâts collatéraux : les travailleurs et travailleuses des ALE, les aidants proches, les travailleurs âgés licenciés, comme ceux de chez Cora qui ne retrouveront pas de travail et qui se retrouveront sur le carreau, les pensionnés évidemment, les parents dont toutes vos politiques rendent la vie plus compliquée chaque jour, les personnes migrantes, les jeunes dont vos politiques climato-sceptiques obstruent complètement l’avenir, les fonctionnaires, les profs, les travailleurs des arts ou encore le secteur horeca avec vos dernières mesures de réforme fiscale.
Alors, après un an, les Belges sont franchement très inquiets. Je constate qu’ils n’espèrent même plus que vous puissiez améliorer leur vie. Ce qu’ils espèrent, c’est ne plus être dans votre viseur et que le gouvernement ne s’occupe plus d’eux. Pourquoi toutes ces politiques ? Pour répondre au chant des sirènes des lobbies et des multinationales, qui vous demandent chaque jour une main-d’œuvre moins chère, taillable et corvéable à merci.
Monsieur le ministre,
qu’allez-vous faire pour améliorer vraiment la vie des Belges ?
La réponse du ministre Jan Jambon :
Monsieur le Président, chers collègues, comme vous le savez, le Premier ministre n’est pas un grand fan des fêtes d’anniversaire et c’est pourquoi il m’a demandé de prendre en charge les questions. Ce n’est bien sûr pas vrai. Le Premier ministre est tombé malade avant-hier et doit garder le lit depuis hier. Je lui souhaite sans aucun doute, en votre nom à tous, un prompt rétablissement.
Personne ne niera que le gouvernement est entré en fonction dans une période troublée et qu’il célèbre son premier anniversaire dans une période tout aussi troublée. Des années d’immobilisme ont rendu ce pays particulièrement vulnérable. Lorsque le gouvernement a prêté serment il y a un an, le pays se trouvait dans une situation budgétaire et socio-économique désastreuse, sans compter les circonstances géopolitiques qui n’ont fait que s’aggraver au cours de l’année écoulée.
En travaillant jour et nuit – et vous pouvez prendre cela presque littéralement –, nous pouvons déjà voir les premiers résultats apparaître après un an. Notre marché du travail a été profondément réformé et les allocations de chômage sont enfin limitées dans le temps. La viabilité financière des pensions a été considérablement renforcée et l’augmentation des coûts des pensions elles-mêmes sera réduite de moitié d’ici 2060. Par rapport à une politique inchangée, 32 milliards d’euros d’endettement ont déjà été évités au cours de cette législature. La sortie du nucléaire a été remise en question et, à la fin de la législature, les travailleurs disposeront d’environ 100 euros nets supplémentaires par mois. Enfin, ce pays revendique à nouveau son rôle au niveau international, notamment lorsqu’il s’agit de défendre nos propres intérêts et d’assumer nos responsabilités au sein de l’OTAN et au niveau européen afin de contribuer à la stabilité internationale et à une paix durable.
Cela signifie-t-il que le gouvernement peut se reposer sur ses lauriers ? Absolument pas. Nous n’y sommes pas encore.
Le gouvernement est pleinement conscient de cette réalité. Sur le plan budgétaire, nous répondons désormais aux exigences de l’Europe. La première étape intermédiaire sur la route vers le sommet est ainsi atteinte. Cette étape n’a pas vocation à nous faire relâcher nos efforts. Elle doit au contraire nous permettre de veiller à ce que les réformes décidées jusqu’à présent soient pleinement mises en œuvre. À l’heure actuelle, le gouvernement travaille d’arrache-pied pour y parvenir.
Lorsque ce sera fait, nous pourrons à nouveau lever les yeux vers l’objectif suivant. Car ne vous y trompez pas, chers collègues, il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Après la norme européenne des dépenses, nous pouvons déjà apercevoir la prochaine étape.
Comme au cours de l’année écoulée, le gouvernement continuera d’avancer et de surveiller attentivement l’impact ainsi que les éventuels effets indésirables de ces réformes. Mais ceux qui pensent que notre population s’en sortirait mieux en revenant aux vieilles recettes dont on a usé et abusé, et qui nous ont conduit à cette situation, se trompent lourdement. Nous devons persévérer. Nous devons poursuivre les réformes. La prospérité de tous les habitants de ce pays est en jeu, dixit le premier ministre.
Ma réplique :
Monsieur le ministre, depuis un an, en commission des Affaires sociales comme en commission des Finances – les deux commissions où nous nous retrouvons le plus souvent –, je me demande chaque fois comment vous osez. Vous prétendez vouloir créer de l’emploi et garantir à chacun un travail digne, parce que le travail permet de vivre dignement. Mais lorsqu’on ouvre le premier projet de loi que vous avez déposé, portant des dispositions diverses – vous adorez les lois-programmes et les dispositions diverses, des textes toujours incompréhensibles en espérant que les citoyens ne comprennent pas ce que vous êtes en train de faire –, on voit que la seule mesure du chapitre consacré à l’emploi consiste à exclure des chômeurs. Je me suis dit : « Wow, ça, c’est tout de même culotté ! » Aucune mesure ne crée le moindre emploi.
Ensuite, vous prétendez vouloir sauver la sécurité sociale, alors même que vous créez toute une série d’emplois qui la définancent structurellement, comme notamment les flexi-jobs et le travail des pensionnés et des étudiants. Aujourd’hui, même un enfant de 10 ans comprend que vos mesures sont incohérentes.

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