Question orale posée le 27 janvier 2026 à Vanessa Matz, ministre des Entreprises Publiques. Le comte rendu intégral est à retrouver ici.

Ma question : 

Madame la ministre, cela ne vous aura pas échappé : un nouveau scandale a éclaté en Belgique en matière de sexisme au travail. Les travailleurs – je le dis bien au masculin –, certains travailleurs de la STIB, s’amusaient sur un groupe WhatsApp à classer le physique de leurs collègues de la STIB.

On peut trouver cela scandaleux, mais nous ne sommes évidemment pas étonnés, vu le sexisme qui continue à être présent dans notre société. On a vu encore l’année dernière les dérives du sexisme et des violences sexuelles dans nos pays, avec l’affaire Pélicot par exemple.

Madame la ministre, quelles mesures mettez-vous en place au sein de l’administration publique fédérale pour prévenir et détecter les dérives sexistes qui peuvent se produire dans l’administration? Je vous remercie. 

La réponse de la ministre, Vanessa Matz : 

Merci, madame Schlitz. Sachez – et vous le savez probablement – que jamais je n’ai toléré, ne tolère ni ne tolérerai ce type de comportement et d’action.

L’administration fédérale dispose d’une politique globale et intégrée de lutte contre le harcèlement dans le cadre plus large du système dynamique de gestion de risques en matière de bien-être au travail.

De nombreuses mesures existent déjà au sein de la fonction publique pour prévenir ce genre de dérives: des mesures préventives de sensibilisation et de formation, ainsi que des canaux de plaintes qui existent déjà dans le cadre des politiques de bien-être au sein de la fonction publique.

La prévention du harcèlement fait évidemment partie de ces mesures. Au sein des services publics fédéraux, les signalements sont traités par des personnes de confiance ou des conseillers en prévention pour les aspects psychosociaux. Chaque signalement donne lieu à une intervention psychosociale informelle ou formelle et est suivie conformément à la législation sur le bien-être au travail.

Ces demandes d’intervention psychosociales ne peuvent ni être refusées ni classées sans suite. L’employeur doit prendre des mesures pour faire cesser les faits. En cas de faits graves et d’infractions avérées, une procédure disciplinaire peut également être engagée, pouvant aboutir à une sanction disciplinaire. Certains faits graves peuvent faire l’objet d’une plainte au pénal.

Nous savons également que ce type de comportement dépasse le cadre de la fonction publique. Nous observons malheureusement un sentiment d’impunité de plus en plus généralisé, notamment dans les comportements en ligne.

Je mets ma casquette de ministre du Numérique pour rappeler que je mène ce combat plus largement contre l’impunité des violences en ligne, qui sont principalement dirigées contre les femmes.

C’est pourquoi j’ai sollicité la commission de la Justice afin de mener un travail approfondi, notamment sur l’encadrement de l’anonymat malveillant en ligne. L’identification des auteurs et leur responsabilisation constituent le premier socle de mon action.

J’encourage toutes les victimes de violences, qu’elles soient en ligne ou non, à déposer plainte auprès de la police, mais aussi à signaler ces contenus directement sur les plateformes lorsqu’il s’agit de violences et de sexisme en ligne. Si ces plateformes ne donnent pas suite aux signalements effectués, les victimes doivent alors saisir l’IBPT, qui est l’organe régulateur compétent dans le cadre du Digital Services Act. Je vous remercie.

Ma réplique : 

Merci, madame la ministre, pour vos précisions. Je connais votre sensibilité sur ces questions. Néanmoins, nous savons que c’est en luttant activement contre les violences sexistes et sexuelles que l’on peut les faire reculer, notamment au travers de programmes de sensibilisation, de prévention et de campagnes dédiées.

Actuellement, on ne peut pas dire que les avancées soient significatives au sein du gouvernement en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. La Conférence interministérielle Droits des femmes, au niveau national, ne se réunira pour la première fois que ce vendredi. C’est considérable. Plus d’un an et demi après les élections, ce sera la première fois que les ministres compétents en la matière se réuniront.

Il me semble important que vous puissiez, aux côtés du ministre Beenders qui est compétent en la matière, avancer activement, notamment dans la mise en œuvre du nouveau Plan d’action national contre les violences de genre. Cela passe, par exemple, par la mise en place de campagnes au sein de l’administration afin de renforcer la prévention.