Question posée au Ministre de l’Emploi David Clarinval le 14 janvier 2026. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le Ministre,
Lorsqu’une femme est victime de violences conjugales, les obstacles à son départ et à sa reconstruction sont souvent multiples et profondément imbriqués. Outre la violence elle-même, la dépendance financière, l’emprise exercée par le conjoint, ou encore les entraves directes ou indirectes à l’accès à un emploi constituent autant de freins majeurs à l’autonomie et à la sécurité de ces femmes.
Le Pack Nouveau Départ a été pensé précisément pour lever ces freins. Ce dispositif public vise à offrir un soutien global aux victimes : aide financière d’urgence, accompagnement socio-juridique gratuit, vingt séances psychologiques, dispositif d’adresse protégée, ainsi que des mesures de protection spécifiques sur le lieu de travail ou dans la recherche d’emploi. Un accord avait été conclu en avril 2024 au sein de la CIM Droits des Femmes et avait reçu l’appui public de plusieurs partis et membres du gouvernement. Pourtant, ce dispositif n’a toujours pas été opérationnalisé.
Monsieur le Ministre, au regard de l’urgence de la situation et des engagements pris, pouvez-vous préciser quelles mesures votre gouvernement entend mettre en œuvre afin de soutenir concrètement les femmes victimes de violences conjugales dans leur démarche d’émancipation économique ?
Pouvez-vous indiquer dans quel calendrier et selon quelles modalités le Pack Nouveau Départ sera rendu pleinement opérationnel, afin que les engagements politiques se traduisent enfin en mesures effectives pour les victimes ?
Je vous remercie pour vos réponses.
Ma réplique :
Merci pour votre réponse. Ce qui est intéressant dans la démarche des associations ayant soumis aux différents gouvernements le projet de pack nouveau départ, c’est qu’il part de situations concrètes vécues sur le terrain, notamment observées dans les refuges pour femmes victimes de violences ou auprès des associations qui les soutiennent. Il s’agit d’un outil clé sur porte, peu coûteux, mais susceptible de produire des résultats très concrets et de dénouer des situations de violences parfois inextricables.
Aujourd’hui, ce qui m’inquiète fortement, c’est que la limitation des allocations de chômage dans le temps va également pénaliser des cohabitantes qui ne percevront plus d’allocation et qui n’auront pas droit à un revenu au niveau du CPAS. Nous savons qu’elles ne rempliront pas les conditions pour accéder à un revenu et qu’elles se retrouveront dès lors dans une situation de dépendance encore plus forte vis-à-vis d’un conjoint. Or nous savons à quel point l’accès, ou non, à des ressources économiques détermine l’ampleur et le développement des violences au sein du couple, ainsi que l’incapacité de la victime à pouvoir s’en extirper.
J’attire donc réellement votre attention sur ces situations spécifiques. Aujourd’hui, ces personnes ont besoin que l’on leur tende la main. Elles n’ont pas besoin de sanctions.

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