Intervention dans le cadre des débats sur l’accord politique 2026 du gouvernement à Benoît Piedboeuf, chef de groupe du MR, le 27 novembre.
Monsieur le député,
Vous avez pu budgéter l’impact des flexijobs généralisés sur la santé des travailleurs et sur l’épuisement collectif. Cela influence finalement les coûts en matière de santé, car sursolliciter les personnes a un impact direct. D’autant plus que je remarque dans votre budget une ligne visant à supprimer les plans de réduction collective du temps de travail et d’aménagement des fins de carrière. Cette suppression ne laissera plus d’échappatoire à certains travailleurs qui auraient pu être soulagés en fin de carrière. Ces personnes devront continuer à travailler malgré tout, ou n’auront pas d’autre choix que de basculer vers l’assurance maladie parce qu’elles ne seront plus capables de continuer à travailler.
Monsieur Piedboeuf, est-ce que vous pensez vraiment que c’est un choix et un plaisir de prendre un flexijob en plus de son boulot principal ? Est-ce que les ultra-riches s’amusent à prendre des flexijobs ? Répondez à la question !
Aujourd’hui les personnes qui prennent des flexijobs, ce sont des personnes qui sont obligées de travailler avec un deuxième travail parce que leur emploi principal ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins. C’est un système à l’américaine où on pousse les gens à cumuler petits jobs sur petits jobs, pour parvenir à boucler leur fin de mois. C’est un système d’incertitude.
C’est un système où l’on va suremployer plutôt que de créer des jobs durables, des jobs qui s’inscrivent dans une stabilité. On va donner à ces personnes plus de travail, tandis que d’autres n’en auront pas. Et donc pour moi cela correspond à une augmentation collective du temps de travail des travailleurs actuels plutôt qu’à une meilleure répartition du travail sur toutes les causes.

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