Question posée en commission à Bart de Wever, Premier ministre . Compte rendu intégral à retrouver ici.

 

Ma question :

Monsieur le premier ministre, je serai brève car il me suffit de m’en tenir aux faits et à quelques chiffres révélateurs. À la suite de l’avis très sévère du Conseil d’État, vous avez dû reculer sur votre réforme de la TVA qui visait à l’augmenter sur les loisirs et l’horeca. À présent, le Comité de monitoring pointe un trou supplémentaire de 500 millions d’euros dans le budget, cela sans même tenir compte de la guerre déclenchée par l’attaque d’Israël et des États-Unis en Iran. Autant dire que le trou annoncé se révélera encore plus profond une fois ces éléments-là intégrés dans les calculs. D’ici à la fin de votre législature, le déficit du seul niveau fédéral s’élèvera à près de 36 milliards d’euros, toujours sans tenir compte de la guerre en Iran. C’est près de 5 milliards de plus que les estimations du budget que votre majorité a adopté la semaine dernière.

Monsieur le premier ministre, comment compenserez-vous cette perte de recettes? Quelles pistes mettrez-vous, ou votre parti, sur la table? Dans quel délai? Compenserez-vous ces éléments à l’occasion de l’ajustement budgétaire en cours ou bien ce sera-t-il pour l’été? Que pensez-vous de la demande d’un saut d’index des patrons flamands? Considérez-vous cette demande réaliste ou bien la trouvez-vous plutôt obscène étant donné que les citoyens, eux aussi, vont être confrontés à une augmentation du coût de la vie, en particulier des carburants, due à cette guerre? Demanderez-vous à nouveau des efforts aux mêmes, aux travailleurs ou à l’ensemble de la population, en augmentant par exemple la TVA sur l’ensemble des produits en passant de 21 à 22 %?

Ou bien, suivrez-vous enfin des chemins réalistes pour augmenter les recettes, par exemple en revoyant votre taxation des plus-values pour en faire un vrai outil comme le font certains pays voisins? Nous déposons aujourd’hui en commission des Finances un texte de manière à ce que la taxation des plus-values rapporte non pas 250 millions, comme le prévoit votre texte, mais bien 1,5 milliard d’euros. Comptez-vous réformer cette proposition qui n’est d’ailleurs pas encore votée? Il vous suffit de déposer des amendements pour faire en sorte que chacune et chacun dans ce pays contribue à la hauteur de ses moyens aux efforts qui sont demandés.

La réponse du Premier ministre :

Pour le reste, nous nous sommes mis d’accord au kern sur le fait d’attendre le rapport du Comité de monitoring et ensuite de nous mettre à table pour examiner les chiffres et décider d’une méthode de travail. Je comprends chaque question concernant des solutions précises à la suite des déclarations publiques faites par des présidents de parti ou par des associations de travailleurs ou d’entrepreneurs. Je ne peux cependant pas vous répondre là-dessus. C’est maintenant au kern et au gouvernement de, comme nous l’avons convenu, fixer le calendrier et la méthode sur la base des chiffres. Mon avis à ce sujet vous est connu : nous devons simplement commencer. Nous devons essayer d’élaborer un paquet pour cette année, mais surtout la perspective pluriannuelle est importante. Nous devons à nouveau chercher un delta qui augmentera afin d’améliorer autant que possible le solde de financement. Le cap devrait être fixé sur un effort de 4 milliards d’euros et, si possible, même davantage.

Si l’on prend en compte tout cela, je pense que chacun doit se rendre compte que plaider aujourd’hui pour distribuer de grands cadeaux dans toutes les directions est peu réaliste. On peut le faire quand on est dans l’opposition et que l’on ne doit donc pas assumer de responsabilité, mais j’espère qu’au sein de la majorité, le réalisme continuera de prévaloir. Pour les questions techniques relatives aux mesures budgétaires spécifiques, permettez-moi de renvoyer vers les ministres compétents.

Nous avons donc déjà très bien travaillé, mais malheureusement ce n’est pas suffisant. Le cap devrait être fixé sur un effort de 4 milliards d’euros et, si possible, même davantage. Nous savons tous que ce sera difficile, mais c’est nécessaire. Il a aussi été beaucoup question de la hausse des prix de l’énergie. Je trouve personnellement que courir vers les caméras pour faire toutes sortes de propositions censées “sauver” la population est en réalité très irresponsable. Je conclus avec les mots de Ursula von der Leyen lors du Conseil européen : “If you do something, let it be tailored, targeted and temporary.” Je suis personnellement tout à fait d’accord avec cela.

Comme explication, il faut regarder les recettes fiscales qui en 2025 ont été beaucoup plus faibles que prévu, et c’est la base pour les calculs de la législature suivante. Nous avons également dû revoir certaines estimations. C’est donc la première grande raison : des recettes fiscales décevantes ou qui doivent être réestimées.

Ma réponse :

Monsieur le premier ministre, donc, pour vous, sortir 300 000 personnes de la pauvreté est une honte?C’est cela, le bilan de la Vivaldi! Or les mauvais bulletins que vous recevez successivement sont le résultat de vos choix politiques, de vos décisions. Les flexi-jobs coûtent 415 millions au budget 2026. L’extension des jobs étudiants coûte 583 millions et celle des heures supplémentaires, 383 millions. Le plafonnement des cotisations patronales, ce sont 75 millions pour les plus gros salaires du pays, soit       25 000 euros par mois. Ce sont eux que vous aidez. Et tout cela sert à soutenir en effet certains patrons.

Pourtant, à aucun moment vous ne créez de l’emploi. Vous passez même à côté de vos objectifs supposés de retour à la rigueur budgétaire. Vous dérapez complètement. Toutes vos mesures vont à l’encontre de votre objectif de 80 % de taux d’emploi. En effet, les opportunités qui auraient pu être créées sont annulées par les bullshit jobs qui ne permettent pas aux travailleurs de se constituer des droits pour la retraite et qui ne pourront pas répondre aux exigences extrêmement hautes que vous êtes vous-même en train de fixer en ce qui concerne la pension.

Monsieur le premier ministre, vous devez prendre vos responsabilités. Arrêtez vos petites phrases et vos attaques! Arrêtez de préparer en amont vos petites métaphores qui vont faire mouche dans la presse! C’est votre style; pas le nôtre! Nous sommes ici pour contrôler vos actes. Le rapport du Comité de monitoring est sévère, et vous devez y répondre en vous plaçant à la hauteur de ce qui est en train de se passer. Il importe aussi d’apporter une réponse à la crise qui est en train de se produire et qui n’est même pas encore intégrée audit rapport. Quelles solutions allez-vous vraiment apporter pour soutenir les citoyens et les citoyennes qui vont se retrouver avec des factures qui explosent? C’est bien la question que nous posons à votre gouvernement. Tout ce que nous voyons, ce sont simplement des postures, des posts sur les réseaux sociaux, des déclarations dans la presse. En revanche, nous ne voyons rien atterrir pour soutenir les gens.