Question posée au ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke. Le compte-rendu est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le ministre, le métier d’accompagnateur de train traverse aujourd’hui une période d’incertitude.
La décision de mettre fin à la vente de tickets à bord des trains, qui a déjà un impact sur la présence et les missions du personnel à bord, s’inscrit dans une série d’évolutions qui suscitent des interrogations quant à l’avenir même de cette profession.
En effet, parallèlement à la suppression de la vente à bord des titres de transport, les accompagnateurs de train voient progressivement certaines de leurs missions évoluer ou être transférées. On peut notamment citer les essais de frein en ligne, la préparation des rames Desiro, désormais confiée aux conducteurs, ou encore le comptage des trains effectués en rames Desiro. Ces tâches constituaient pourtant une part importante de leur rôle opérationnel.
Ces évolutions alimentent des craintes légitimes. En réduisant progressivement le périmètre des responsabilités, certains redoutent une forme de marginalisation de la fonction, qui pourrait à terme fragiliser, voire remettre en question, son maintien dans l’organisation.
Or, les accompagnateurs de train jouent un rôle essentiel dans la sécurité à bord, l’accueil des voyageurs et la gestion des situations d’urgence. Réduire leur rôle, c’est potentiellement affaiblir la qualité et la sécurité du service public ferroviaire.
Monsieur le ministre, au vu de ces évolutions, comment la SNCB envisage-t-elle l’évolution de la fonction d’accompagnateur de train dans sa stratégie à long terme ?
Vous, en tant que ministre, êtes-vous prêt à vous engager concrètement pour préserver cette fonction que beaucoup considèrent comme indispensable au bon fonctionnement du service ferroviaire ?
Réponse du ministre :
Madame Schlitz, l’évolution de la fonction d’accompagnateur de train s’inscrit dans la volonté de la SNCB de recentrer davantage ce métier sur ses missions essentielles au service des voyageurs et de l’exploitation ferroviaire.
L’accompagnateur de train demeure un maillon indispensable du service public ferroviaire. Ses tâches ne se limitent pas à une seule activité, mais couvrent un ensemble de missions fondamentales, parmi lesquelles figurent notamment le contrôle des titres de transport, l’information et l’accueil des voyageurs, la sécurité à bord et lors des arrêts, l’assistance aux clients ainsi que la contribution à la régularité et au bon déroulement de l’exploitation.
Comme cela a déjà été rappelé dans plusieurs réponses parlementaires, le métier d’accompagnateur de train va bien au-delà de la vente de titres de transport à bord. Cette dernière ne représente d’ailleurs aujourd’hui qu’une part très limitée de l’activité globale.
La réforme en cours ne vise donc pas à remettre en cause l’existence de cette fonction, mais à permettre aux accompagnateurs de train d’exercer l’ensemble de leurs missions de manière plus cohérente, plus efficace et plus conforme aux priorités opérationnelles et de service.
La SNCB confirme à cet égard que les missions centrales de l’accompagnateur de train restent la sécurité en cours de trajet, la ponctualité, le service aux voyageurs, la fourniture d’informations, l’assistance et le contrôle des titres de transport.
Dans ce cadre, l’évolution de certaines tâches opérationnelles ne signifie nullement une disparition progressive du métier, mais bien une adaptation de son contenu aux réalités actuelles du transport ferroviaire et aux attentes des voyageurs.
Il n’est dès lors pas question de rendre cette fonction superflue. Au contraire, la présence des accompagnateurs de train reste essentielle pour garantir la qualité du service, l’accompagnement des voyageurs et la gestion adéquate des situations sur le terrain. Je considère donc cette fonction comme indispensable à l’organisation du transport ferroviaire, et les évolutions en cours visent précisément à la préserver durablement en la recentrant sur ses missions fondamentales.
Ma réplique :
Je vous remercie, monsieur le ministre.
J’entends vos propos, mais dans les faits, je peux comprendre l’inquiétude des accompagnateurs de train qui voient progressivement certaines de leurs missions centrales restreintes ou supprimées. Au-delà des déclarations, les actes ne suivent pas toujours.
Je voudrais revenir sur cette nouvelle réforme qui aura un impact direct sur leur quotidien, à savoir la suppression de la vente de billets à bord des trains.
Cette réforme constituait pourtant une avancée positive. Auparavant, l’achat d’un billet à bord était impossible ou, à tout le moins, exceptionnel. Le changement de politique qui a consisté à permettre aux voyageurs d’acheter leur billet dans le train plutôt que de les sanctionner a profondément modifié la relation entre les accompagnateurs et les voyageurs.
Je rencontre quotidiennement des accompagnateurs très professionnels qui peuvent ainsi s’adresser avec respect à un voyageur dépourvu de titre de transport, quelle qu’en soit la raison : oubli, impossibilité d’achat préalable, ou encore dysfonctionnement d’un automate. Cette approche permet de désamorcer les tensions et de maintenir une relation respectueuse avec les voyageurs.
À l’inverse, lorsque cette relation devient essentiellement une relation de sanction et qu’une personne sans titre de transport se voit infliger une amende, la situation risque inévitablement de se tendre. Cela signifie que les accompagnateurs vont perdre la possibilité d’entretenir une relation cordiale avec les voyageurs et de désamorcer les situations conflictuelles.
Je comprends dès lors leur inquiétude face à ce changement de cap. Je pense également que cette évolution risque de rendre les voyages en train plus inconfortables pour tout le monde. Lorsqu’un voyageur est pris en défaut dans un wagon, cela crée immédiatement des tensions qui affectent l’ensemble des personnes présentes.
Personnellement, cela m’empêche carrément de travailler. C’est donc une situation très inconfortable au quotidien.
Je pense donc que cette mesure est préjudiciable à la fois pour les voyageurs et pour les accompagnateurs de train.

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