Le ministre des Finances Jan Jambon est venu s’expliquer ce mercredi à la Chambre sur les modifications des taux de TVA prévues pour plusieurs catégories de biens et services, notamment la culture, le sport, les loisirs et les plats à emporter. La cheffe de groupe Ecolo-Groen, Sarah Schlitz, a dénoncé l’amateurisme du gouvernement, qui complique inutilement la vie des citoyens comme des commerçants et conduit à des situations absurdes.
En réduisant ces changements à de simples ajustements budgétaires, le ministre Jambon révèle le manque de vision du gouvernement Arizona.
« La TVA influence ce qu’on met dans notre caddie. Quand une pizza industrielle du supermarché coûte moins cher qu’une pizza préparée par un artisan du coin à cause de cette réforme, le message est clair : l’Arizona favorise l’industriel plutôt que le local. Pour quelqu’un qui essaie de manger plus durable, c’est absurde : le choix le plus écologique devient le plus cher. C’est aussi une abération en termes de santé publique », explique Sarah Schlitz.
Faute de vision globale et de réflexion à long terme, les citoyens et les professionnels sont contraints de naviguer dans une complexité croissante. Alors que l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles est prévue pour le 1er mars, de nombreuses zones d’ombre subsistent, mettant les commerçants en grande difficulté. Un même produit pourra désormais être soumis à plusieurs taux de TVA : par exemple, un houmous vendu en barquette chez un traiteur restera à 6 %, mais passera à 12 % s’il est intégré dans un sandwich vendu dans le même établissement. Un même produit sera soumis à des taux de TVA différents selon son emballage : à 6% s’il est emballé sous vide, à 12% s’il est emballé dans un emballage classique.
Ces changements entraîneront également des conséquences lourdes et largement sous-estimées. L’exemple le plus frappant concerne les repas servis dans les crèches, les écoles et les maisons de repos : lorsqu’ils sont préparés à l’extérieur et livrés, leur TVA passerait de 6 à 12 %. Dans un contexte où un parent sur cinq d’enfants âgés de 3 à 9 ans n’a pas les moyens de garantir une alimentation saine et équilibrée, le gouvernement fédéral choisit d’aggraver encore la situation des familles.
« On livre les parents à eux-mêmes, et pire encore, on affaiblit le rôle d’émancipation sociale de l’école, qui ne peut pleinement se réaliser lorsque les enfants ont faim l’après-midi », dénonce encore Sarah Schlitz.
Face à cette situation, le groupe Ecolo-Groen exige l’instauration d’une dérogation claire pour les repas livrés aux crèches, aux écoles et aux maisons de repos .

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