Le gouvernement Arizona s’apprête à effectuer un retour en arrière en matière de délai de préavis, en réintroduisant une période d’essai de 6 mois. En prétendant vouloir régulariser la pratique actuelle de certains employeurs de proposer des CDD à répétition, cette mesure va en réalité fragiliser tous les nouveaux contrats.
Pour Ecolo, il s’agit d’une régression sociale qui expose particulièrement les jeunes travailleurs en début de carrière à la précarité, en les fragilisant tant sur le plan financier que psychologique.
Aujourd’hui, un travailleur avec cinq mois d’ancienneté peut bénéficier d’un préavis allant jusqu’à cinq semaines en cas de licenciement. Demain, ce sera une semaine pour tous. En permettant de rompre un contrat à durée indéterminée quasi sans coût pendant six mois, le gouvernement vide le CDI de sa substance et transforme les débuts de contrat en période précaire. Il crée une période d’essai généralisée, sans les garanties qui encadraient auparavant ce dispositif. Les jeunes seront les premiers touchés.
Plutôt que de sécuriser les débuts de carrière, le gouvernement accroît leur exposition à la précarité et encourage une rotation accrue de la main-d’œuvre, surtout dans les secteurs peu qualifiés où le rapport de force est encore plus défavorable.
Dans les secteurs moins qualifiés, le risque réel de voir se multiplier les licenciements à la veille des six mois de contrats. Aucune balise n’est prévue par le gouvernement pour éviter cela. Concrètement, cela signifie des trajectoires professionnelles hachées, une difficulté accrue à se projeter, à accéder à un logement, ou à stabiliser sa situation financière.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de fragilisation de l’emploi des jeunes, alors que plusieurs mécanismes de soutien à leur insertion ont été affaiblis, notamment la suppression du quota jeunes – 3 % dans le secteur privé, 1,5 % pour les associations.
« Le gouvernement réintroduit une période d’essai généralisée. Pendant six mois, un travailleur pourra être licencié avec un préavis d’une semaine. Ce sont clairement les jeunes et les travailleurs précaires qui vont en faire les frais. Ils organisent une entrée sur le marché du travail marquée par l’instabilité et la précarité », dénonce Sarah Schlitz, cheffe du groupe Ecolo à la Chambre.
Pour Ecolo, cette réforme traduit un choix politique clair : celui d’une flexibilisation accrue du marché du travail plutôt que d’une sécurisation des parcours professionnels, en particulier chez les plus jeunes et chez les plus précaires. Faciliter les licenciements en début de contrat ne crée pas de l’emploi durable, mais installe au contraire une insécurité prolongée dans les premières étapes de la vie professionnelle.

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