Ce jeudi en séance plénière, en réponse à une question parlementaire de Sarah Schlitz, Maxime Prévôt, ministre des Affaires étrangères, a exprimé timidement le soutien du gouvernement Arizona à l’initiative My Voice My Choice. Un soutien trop tardif qui n’a pas permis de débloquer un nouveau budget.
Depuis presque deux ans, des militantes sillonnent l’Europe pour garantir un accès libre et sûr à l’avortement dans toute l’Union. 1 124 513 Européennes et Européens ont signé cette initiative. Le Parlement européen s’est prononcé en faveur. La Commission européenne a désormais rendu sa décision : un soutien politique, mais aucun nouveau financement débloqué.
Une victoire au goût amer car tout l’enjeu était d’obtenir un budget. Sans moyens supplémentaires, ce droit reste théorique pour des milliers de femmes en Europe.
La Belgique a un rôle particulier dans ce dossier, puisque c’est notre commissaire européenne, Hadja Lahbib, qui le portait. Notre pays ne s’est pas montré à la hauteur de l’enjeu et ne s’est pas joint aux différents pays qui avaient interpellé directement la commissaire Lahbib pour obtenir son soutien.
Sarah Schlitz, cheffe du groupe Ecolo à la Chambre explique :
Cette initiative peut sauver des vies. En ce moment même, en Pologne, des femmes se voient encore refuser un avortement malgré des risques graves pour leur santé. Dans le monde, une femme meurt toutes les neuf minutes faute d’accès à un avortement sûr.
Les campagnes anti-avortement se multiplient. Donald Trump et d’autres dirigeants s’attaquent frontalement aux droits sexuels et reproductifs et coupent les financements des organisations qui les défendent. Le contexte international est clair : les droits reculent quand les moyens disparaissent. En Belgique non plus, la situation n’est pas parfaite : une femme sur quatre avorte en dehors du cadre légal.
Les forces conservatrices gagnent du terrain. Elles organisent la remise en cause des droits et assèchent les budgets. Si l’Europe veut réellement défendre le droit à l’IVG, elle doit y consacrer des moyens à la hauteur des enjeux.
Une fois de plus, la Belgique est à la traîne sur cette question centrale pour la santé des femmes en Europe.

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