Saisi tardivement par le gouvernement sur des mesures clés touchant à l’indexation salariale, le Conseil national du travail (CNT) demande officiellement le report du vote de la loi-programme. Ecolo soutient cette demande et dénonce une précipitation incompatible avec une concertation sociale sérieuse.

Dans une lettre urgente adressée au président de la Chambre, le Conseil national du travail, conjointement avec le Conseil central de l’économie, demande que l’examen et le vote de la loi-programme soient reportés jusqu’à ce qu’un avis complet puisse être rendu. Les discussions et le vote final en séance plénière sont pourtant programmés ces mercredi et jeudi.

Dans ce courrier, les Conseils rappellent que le Premier ministre, Bart De Wever, a sollicité leur avis le 1er mars 2026 sur plusieurs mesures sensibles relatives à l’indexation salariale, notamment la limitation temporaire de l’adaptation des salaires, les cotisations spéciales de modération salariale ainsi que leur consolidation. Un délai de 30 jours avait explicitement été demandé pour rendre cet avis.

Or, lors de leur séance plénière du 24 mars, les membres du CNT ont constaté que le vote de la loi-programme était déjà inscrit à l’ordre du jour du 25 mars, alors même que leurs travaux sont toujours en cours. Le délai demandé par le gouvernement lui-même n’est donc pas respecté.

Pour Ecolo, cette situation est inacceptable. Pour des réformes aussi structurantes que celles touchant à l’indexation salariale, l’avis des représentants des employeurs et des travailleurs constitue une étape incontournable de la concertation sociale.

« Le gouvernement ne veut pas attendre un avis qu’il a lui-même demandé. Il est absurde de voter dès maintenant la loi-programme. » estime Sarah Schlitz, cheffe du groupe Ecolo à la Chambre.

« Le Premier ministre a fixé un délai de 30 jours. Ce délai n’est pas écoulé. Passer en force dans ces conditions, c’est nier le rôles des partenaires sociaux. Dans son accord de gouvernement, l’Arizona affirme accorder de l’importance à la concertation sociale. On ne peut donc pas modifier à la hâte un mécanisme essentiel tel que l’index sans disposer au minimum de la contribution des partenaires sociaux. »

Ecolo rappelle que l’indexation salariale constitue un pilier central de la protection du pouvoir d’achat en Belgique et que toute modification de ce mécanisme nécessite un débat approfondi et éclairé.

Dans ce contexte, Ecolo demandera, à l’ouverture de la séance plénière, la suspension des discussions prévues jusqu’à ce qu’un avis en bonne et due forme du CNT soit disponible.