Après un été marqué par des incendies hors de contrôle, des vagues de chaleur meurtrières et des milliards d’euros de dégâts, le groupe Ecolo-Groen au Parlement fédéral demande la création d’une commission d’enquête parlementaire portant sur le niveau de préparation de la Belgique aux conséquences du dérèglement climatique. L’objectif est de tirer toutes les leçons de cet été pour déterminer les actions politiques nécessaires pour que ça n’arrive plus.

Cet été, les conséquences du dérèglement climatique ont frappé la Belgique de plein fouet. Près de 3 000 décès sont liés aux épisodes de chaleur, les incendies ont ravagé quelque 3 300 hectares dans les Hautes Fagnes et les dégâts économiques se chiffrent en milliards d’euros. Et pourtant, face à ces conséquences désormais bien réelles, notre pays reste largement dépourvu d’une stratégie cohérente d’adaptation.

Ce matin, le ministre du Climat, Jean-Luc Crucke, a répondu pour la première fois depuis l’été aux questions des députés en commission. 

« Les réponses que nous avons reçues ce matin sont largement insuffisantes. La Belgique n’était pas prête, il faut avoir l’honnêteté de le dire, par respect pour toutes les personnes qui en ont subi les conséquences dans leur chair, pour ceux qui ont perdu des proches, pour ceux qui ont dû se battre contre les flammes ou la chaleur avec des bouts de ficelle. Les rapport qui alertaient sur les risques concrets n’ont pas été suivis. Et nous n’avons pas le sentiment que le Gouvernement compte changer d’attitude. Or, tout appelle à un changement de cap radical dans notre politique climatique ». 

C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête qui devra faire toute la lumière sur les questions suivantes : les pouvoirs publics ont-ils pris des mesures suffisantes pour prévenir les décès liés à la canicule et ses conséquences sur la santé ? Pour prévenir les catastrophes climatiques et en réduire l’impact, par exemple par le biais de l’adaptation et de la réponse aux crises ? Et pour anticiper et prévenir le coût économique et budgétaire considérable ?

« Cet été, une fracture très nette est apparue entre ceux qui ont un jardin, une piscine, des volets, la climatisation, des amis ou des parents disposés à les accueillir dans leur maisons à la campagne ; et ceux qui sont restés coincés dans des appartements surchauffés dans les combles, dans des villes surbétonnées étouffantes où les parcs et lieux de fraîcheur sont trop peu nombreux. Les politiques publiques d’adaptation sont des politiques de justice sociale qui protègent chaque citoyen peu importe ses revenus, qui garantissent que nos services publics continueront de fonctionner, que notre agriculture, notre économie et nos territoires soient préservés », insiste Sarah Schlitz. « Ce gouvernement s’obstine à opposer économie et climat. Alors que c’est intrinsèquement lié : ne pas investir dans l’adaptation aujourd’hui, c’est nous condamner à des factures toujours plus élevée chaque année. » conclut Sarah Schlitz.