Question posée en commission au ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.
Ma question :
Monsieur le ministre, cela fait maintenant une semaine que les Fagnes, notre patrimoine naturel, brûle. Nous avons vu 6 000 hectares partir en fumée, entraînant une perte irréversible de biodiversité. Des villages ont été évacués. Nos pompiers, nos travailleurs du DNF, de la protection civile, les associations de défense des animaux, les agriculteurs, la Croix-Rouge, les agents et mandataires communaux, des pilotes étrangers, des citoyens locaux mais aussi d’un peu partout en Belgique, ont agi jour et nuit et je veux les remercier du fond du cœur pour leur dévouement sans limite.
Mais je ne peux pas mentionner ce dévouement sans attirer votre attention sur les conditions dans lesquelles les professionnels et les pompiers volontaires opèrent. Depuis plusieurs jours, les langues se délient, et laissez-moi ici me faire le relais des interpellations qu’ils vous ont adressées au travers, notamment, d’interviews dans la presse.
Les pompiers sur le terrain décrivent des problèmes structurels. Ils ne savent pas faire face à une crise de cette ampleur car lorsqu’ils sont sollicités pour envoyer des renforts dans les Fagnes, ils disposent assez logiquement de moins de moyens ailleurs. Ils sont inquiets. Comment feront-ils quand deux crises de cette ampleur surviendront simultanément en Belgique? Ils vous adressent cette question. Ils pointent également un déséquilibre entre pompiers volontaires et pompiers professionnels.
Aujourd’hui, nous sommes face à une situation intenable. Le nombre des pompiers volontaires représente le double de celui des pompiers professionnels. Vous me dites non! Vous contredisez les professionnels. Je me réjouis d’entendre votre réponse. Ils nous interpellent sur le fait qu’ils comptent 12 000 volontaires pour 6 000 professionnels. C’est ce qu’on peut lire dans la presse, mais vous me donnerez d’autres chiffres. Je me réjouis de vous entendre.
Nous apprenons également par des retours de terrain que certains pompiers volontaires sont également des pompiers professionnels. Cela veut dire que ces personnes ne peuvent pas être mobilisées au même moment pour gérer une crise de l’ampleur de celle que nous connaissons aujourd’hui.
Monsieur le ministre, pouvez-vous nous éclairer sur la situation réelle et sur les moyens qui vont être potentiellement débloqués pour faire en sorte que la situation soit tenable sur le long terme?
J’aimerais également aborder la question de la protection civile, qui vous alerte également sur le manque de moyens, notamment à travers un courrier qui vous est parvenu le 21 mai dernier, pour vous prévenir et vous alerter sur les difficultés par rapport au manque de personnel, au personnel vieillissant et au nécessaire recrutement qu’il s’agit d’effectuer. En effet, depuis la réforme de 2017 mise en place par le gouvernement Michel, MR-N-VA, qui a fermé quatre des six casernes dans le pays et réduit les effectifs de moitié, ils estiment ne plus être en mesure de mener leur mission efficacement alors que tous les rapports nous alertent sur le fait que les crises que nous connaissons actuellement dans les Fagnes, mais que nous avons également connues en 2021 avec les inondations qui ont tué 42 personnes dans notre pays, sont amenées à se reproduire et à s’intensifier.
Monsieur le ministre, allez-vous renforcer les effectifs dans les zones de secours et les équiper en matériel spécifique, tel qu’ils le demandent? Combien de pompiers et de membres de la protection civile sont-ils formés à la prévention, à l’extinction des feux de forêt et des milieux naturels?
Combien sont-ils réellement disponibles pendant l’été? Combien de pompiers volontaires sont-ils en fait des pompiers professionnels, également volontaires dans une autre zone de secours? Combien d’effectifs avons-nous réellement, au total, en tenant compte de ces doublons?
Autre élément: le président de la Fédération des pompiers de Belgique dit que pour ce genre d’incendie, les commandants des zones de secours communiquent sur WhatsApp. Ils y demandent des camions-citernes, des autopompes. C’est sur cette base que les commandants de zones, selon la disponibilité, envoient du matériel et du personnel.
Cette situation est pour le moins chaotique, monsieur le ministre. Confirmez-vous ces éléments? Avez-vous prévu de revoir les modalités et l’échelle de coordination à cet égard?
Le président du réseau des zones de secours wallonnes et le commandant de la zone la plus concernée ont appelé à structurer la coordination des zones pour mutualiser les moyens, renforcer la disponibilité des pompiers, développer des moyens héliportés. Allez-vous proposer des mesures allant dans cette direction?
Envisagez-vous également d’impulser une initiative commune avec les Pays-Bas et le Luxembourg pour acheter et gérer une flotte mutualisée d’avions et/ou d’hélicoptères bombardiers d’eau? Je vous rejoins sur le fait qu’il faut travailler à l’échelle européenne, mais en conséquence et de manière congruente avec les défis à venir. Car ces événements sont, en effet, nous le savons, amenés à se reproduire et à s’intensifier. Sommes-nous prêts? Je ne le pense pas.
Envisagez-vous d’intégrer les bénévoles? On l’a cité: des bénévoles présents en nombre n’ont malheureusement pas pu être mobilisés à la hauteur de l’énergie et de leur volonté d’agir et de soutenir les professionnels dans leur mission.
Pour nous, il est essentiel de faire en sorte de structurer cette mobilisation. Nous l’avons déjà vu en 2021 et malheureusement, aucun dispositif permettant de structurer cette action n’a été mis en place. Qu’attendons-nous?
Voici mes questions par rapport à la gestion et au suivi de telles catastrophes.
Monsieur le ministre, vous ne serez pas étonné de m’entendre dire que je suis un peu choquée de n’entendre le mot « climat » n’être prononcé qu’après plus d’une heure d’interventions devant cette commission. Nous savons tous ici que cette catastrophe est la conséquence du dérèglement climatique. Nous le savons. Nous le savions.
Je regrette profondément l’absence du ministre Crucke, parce que je préférerais pouvoir l’entendre ici, dans un échange structuré dans le cadre de mon mandat de députée, plutôt que de devoir lire chaque jour ses interventions dans la presse. En effet, je pense qu’il serait plus sérieux de pouvoir intervenir directement avec lui, ici, dans cette commission.
Ce qui m’attriste le plus, et ce qui me met le plus en colère, c’est que nous savions que ce qui vient de se produire pouvait arriver. Cela fait des décennies que la communauté scientifique alerte la classe politique sur les conséquences très concrètes des émissions de gaz à effet de serre. Je ne vous apprends rien. Plus récemment encore, et de manière plus spécifique, une carte publiée en 2025 par l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat (AWAC), à la demande des ministres écologistes wallons, identifiait les territoires wallons les plus exposés au risque d’incendie. Trois zones particulièrement sensibles y étaient pointées: le parc naturel de Gaume, une zone boisée au Nord de Mons et les Fagnes. Qu’a-t-on fait de ce rapport? Des exercices ont-ils été organisés dans les Fagnes? Quelles actions ont-elles été mises en place par votre gouvernement à la suite de ces informations scientifiques qui vous avaient été communiquées?
En 2025, le CERAC, mis en place par votre prédécesseure, Zakia Khattabi, publiait une analyse consacrée aux feux de végétation. Sa conclusion était très claire: sous l’effet du changement climatique, les incendies pourraient augmenter significativement au cours des quinze à vingt prochaines années, gagner en intensité et se déclarer simultanément en plusieurs endroits, mettant sous pression nos services de secours. Quelles actions ont été entreprises à la suite de la réception de ce rapport?
En mars 2026, le Belgian Wildfire Network (BWN, réseau belge des feux de forêts), réunissant les universités de Gand et de Liège, a remis au ministre compétent un rapport formulant huit recommandations majeures à destination des autorités publiques. Ce document pointait notamment des lacunes dans la collecte des données, la nécessité d’une meilleure évaluation des risques, l’importance du recours à des outils de simulation et de modélisation pour évaluer les risques de propagation des incendies, ainsi que le besoin de renforcer la formation et l’équipement des services de première ligne. Qu’avez-vous fait de ce rapport? Quelles recommandations ont été mises en œuvre?
Monsieur le ministre, vous nous avez détaillé, minute après minute, et je vous remercie pour cet exercice de précision, le déroulement des opérations depuis le début de l’incendie. Je ne mets, à aucun moment, en doute le professionnalisme des acteurs de terrain, qui ont tout donné, jour et nuit, pour sauver ce qu’ils pouvaient de nos Fagnes. Mais ce qui m’intéresse réellement, c’est la préparation en amont. Car c’est là que tout se joue. Ce que je veux savoir, c’est si nous étions préparés à faire face à cette catastrophe et comment nous l’étions, alors même que nous savions qu’un tel événement présentait une probabilité élevée de se produire. Qu’avez-vous mis en place avant de partir en vacances?
Ce sont les réponses à ces questions que je souhaite obtenir dans cette commission. Vous rigolez? En effet, c’est très drôle!
La désinvolture de votre gouvernement face à la canicule qui sévissait déjà avant la pause parlementaire m’a profondément choqué. Il y a eu 2 000 décès et un premier ministre qui refuse de répondre aux questions des parlementaires et des journalistes sur la manière dont notre pays était en capacité de faire face à cet événement climatique extrême.
Et puis, des messages de BE-Alert remettent la responsabilité entièrement sur le dos des citoyens et sur les actions individuelles qu’ils doivent entreprendre. Puis, on a vu le 21 juillet des gouvernements – le gouvernement wallon, dans lequel siègent les membres de votre parti – toucher du bois pour que l’été se passe bien.
Voilà le niveau d’anticipation auquel nos citoyens ont droit dans ce pays! C’est bien en deçà de ce que nous méritons, mais également de ce dont nous sommes capables. Nous avons les éléments scientifiques tangibles pour mener nos actions.
Des propositions concrètes pour lutter contre l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre – car c’est aujourd’hui qu’il faut agir, il y en a des dizaines, voire des milliers, qui ont été émises par des tas de colloques et de consortiums scientifiques. Nous savons ce qu’il y a à faire. Et pourtant, force est de constater que ces actions ne sont pas mises en place aujourd’hui, voire que certaines ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont aujourd’hui détricotées, aussi bien au niveau européen que fédéral.
Dernière question liée à l’action au niveau européen. Vu le nombre de feux qui ont ravagé des pays à travers l’Europe, une réunion avec les ministres européens est-elle prévue? Début 2026, l’Union européenne a rappelé aux États membres l’importance pour chacun de disposer d’effectifs suffisants de sapeurs-pompiers.
Quelle réponse, la Belgique spécifiquement, a-t-elle apporté à cette demande? La Belgique doit soumettre un plan de restauration de la nature auprès de la Commission européenne. Le ministre Crucke a déclaré, avant-hier, qu’il ne serait pas en mesure de remettre ce plan dans les temps.
En fait, d’une certaine manière, je suis rassurée. Il vaut mieux prendre un peu de temps pour amener un plan de qualité plutôt qu’un plan bâclé en septembre. Et il vaut mieux tirer les conséquences de ce qui s’est passé ici, pendant cet été, pour venir avec un plan à la hauteur des enjeux.
Donc je vous le dis, prenez le temps qu’il faut pour réaliser ce plan.
Voilà, monsieur le ministre, je vous remercie pour les réponses précises que vous pourrez apporter à mes questions.
Réponse du ministre :
Je vais essayer de répondre aux nombreuses questions qui ont été posées, en tout cas à celles qui relèvent de mon domaine de compétence et de ma responsabilité politique.
En ce qui concerne l’évaluation de cet incident, comme je l’ai déjà indiqué, il est encore trop tôt pour en tirer toutes les conclusions. Nous procéderons à une évaluation mais il faut être conscient que nos services de secours sont toujours pleinement mobilisés sur le terrain. Nous demeurons d’ailleurs en phase provinciale, ce qui signifie que le gouverneur continue d’assurer la coordination de l’ensemble des opérations.
De voorstellen en de geïdentificeerde verbeterpunten moeten deel uitmaken van ons Nationaal Weerbaarheidsplan.
Je l’ai déjà dit. J’y reviendrai plus tard.
De heer Depoortere, mevrouw Delcourt, de heer De Smet en anderen vroegen of we voldoende zijn voorbereid. Ik heb in mijn inleiding uitgebreid toegelicht wat er in België al is gebeurd en nog is gepland, onder meer in het weerbaarheidsplan, ook in antwoord op de studies en rapporten.
Er waren ook nog opmerkingen over de blusoperaties vanuit de lucht.
Je le répète, et ce n’est pas moi qui le dis – certes, je suis sur le terrain, mais avant même de m’y rendre, j’écoute les gens qui savent de quoi ils parlent: les pompiers, la Protection civile, je ne suis pas de ceux qui pensent avoir la science infuse –, les pompiers sont formels: un feu s’éteint au sol. Les moyens aériens sont nécessaires et constituent un appui, mais ils ne sont pas suffisants. C’est une réalité de terrain qu’il faut pouvoir entendre.
Le mécanisme européen sert à cela. Comme je l’ai indiqué, nous réaliserons une évaluation. Faut-il disposer de moyens supplémentaires? J’en profite également pour répondre à une question de M. Orlians. Je constate qu’il n’est plus présent, mais je lui répondrai malgré tout. S’il revient, tant mieux; sinon, ce sera pour une prochaine occasion. Lorsque vous me demandez si nous étions prêts à faire face à cette crise, ma réponse est la suivante: nous avons fait face à cette crise avec l’ensemble des moyens dont nous disposions. Cela étant, je vais revenir sur un certain nombre des préoccupations qui ont été exprimées.
Nous avons également évoqué le rôle joué par les agriculteurs.
Ik wil nogmaals mijn oprechte dank uitspreken aan alle landbouwers, lokale ondernemingen, vrijwilligers en burgers, die de voorbije dagen spontaan mensen, materiaal en middelen ter beschikking hebben gesteld. Die lokale solidariteit was indrukwekkend en bijzonder waardevol voor de mensen op het terrein. Met hun tractoren, watertanks, materialen en kennis van het terrein, heel belangrijk, hebben de landbouwers een belangrijke rol gespeeld bij de watervoorziening en de ondersteuning van onze hulpdiensten. Vanaf dag 1 waren onze hulpverleners aanwezig. Hun bijdrage is van onschatbare waarde geweest.
Tot en met zondag vond deze inzet op vrijwillige basis plaats. De gemobiliseerde landbouwers konden, net als de hulpdiensten, gebruikmaken van de tankpunten die in het kader van het crisisbeheer ter beschikking waren gesteld. Sinds maandag zijn sommige landbouwers formeel opgevorderd. Ik wil hierover heel duidelijk zijn. Zodra er sprake is van een formele opvordering, wordt hun inzet vergoed.
Pour être très précis, j’ai indiqué dès samedi soir que, s’il devait y avoir réquisition, elle devait être effectuée et que la Direction générale de la Sécurité civile, qui dépend du SPF Intérieur – qui, si je suis bien informé, relève de ma compétence –, prendrait ces frais en charge.
J’aimerais néanmoins partager un constat avec vous, et je reviendrai également sur le mécanisme européen. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de difficultés ni d’éléments à améliorer – j’y reviendrai ultérieurement –, mais c’est souvent l’indécision qui constitue un problème. Je l’ai constaté: lorsqu’il s’est agi d’envisager une réquisition, j’ai perçu une hésitation. J’ai donc demandé pourquoi cette hésitation était présente. On m’a répondu que c’était parce qu’on ne savait pas qui allait payer. C’est alors que j’ai demandé qui devait prendre ces frais en charge. La réponse a été la Direction générale de la Sécurité civile. J’ai alors rappelé devant tout le monde, en présence du chef de cabinet et des 25 personnes qui participaient à la réunion, lesquelles pourront en témoigner, que la Direction générale de la Sécurité civile dépend du SPF Intérieur et que le SPF Intérieur relève de ma responsabilité. J’ai donc indiqué clairement qu’il fallait réquisitionnez les moyens nécessaires et que nous en assumerons le coût.
Dans une crise en effet, une chaîne de commandement claire est l’élément fondamental. Les responsables appelés à prendre des décisions doivent les assumer pleinement. Tel a été le cas depuis le début de cette crise et tel demeure le cas aujourd’hui. La gestion est restée au niveau communal pendant environ une heure, puis la décision de passer au niveau provincial a été prise rapidement. Depuis lors, les décisions continuent d’être prises.
Il en va de même pour le mécanisme européen. J’entends bien les interrogations exprimées. Je ne dis pas qu’il ne faut pas réfléchir à la question de moyens aériens propres, et je reviendrai d’ailleurs sur le travail mené avec la Défense à cet égard. Toutefois, lors de la dernière conversation que j’ai eue avec la commissaire européenne Hadja Lahbib, celle-ci m’a indiqué qu’il était positif que la Belgique ait fait appel au mécanisme européen très rapidement. En effet, sous la pression de l’opinion publique, des médias ou encore de certains responsables politiques, de nombreux gouvernements hésitent parfois à recourir à ce mécanisme, par crainte d’être accusés d’incurie. En conséquence, ils y font appel trop tard. Je pense donc que chacun doit prendre ses responsabilités à cet égard.
Le mécanisme existe pour soutenir les États membres. Il ne s’agit pas d’un instrument exogène mais bien endogène. Il s’agit de notre mécanisme. L’Union européenne, c’est nous. On présente parfois ce mécanisme comme quelque chose d’extérieur, alors qu’il ne s’agit pas de l’étranger, mais de l’Union européenne. En l’occurrence, il ne s’agit d’ailleurs pas uniquement de l’Union européenne, puisque dix États non membres participent également à ce mécanisme. Utilisons donc tous les moyens dont nous disposons pour faire face à ce type de crise.
Pour ce qui est de la coopération avec la Défense, je note que, directement, dans la nuit, comme je l’ai indiqué, les arroseuses de la Défense, qui sont des arroseuses d’aéroport en fait, sont arrivées. Ce sont des moyens dont personne d’autre ne dispose, et elles ont fait leur travail.
Je reviendrai sur la sécurité et sur la Protection civile. Il est évident que dans le cadre d’une réflexion au niveau des investissements pour l’armée, il faut voir dans quelle mesure un certain nombre d’investissements supplémentaires peuvent être faits. Ils sont aussi au service des crises civiles, dans le cadre de l’aide à la nation, et avec ce qu’on appelle le matériel dual use. Les cinq hélicoptères que la police doit acheter pour renouveler sa flotte sont payés par le budget de la Défense. Ce sont des dizaines de millions d’euros que nous ne devons pas dépenser au niveau du civil, car ils sont dépensés au niveau militaire. Ce n’est pas mon modèle politique, ce n’est pas Churchill mais Margaret Thatcher. Je sens bien qu’on va me reprocher de la citer, mais ce n’est pas grave. Elle avait quand même de bonnes phrases, comme nos amis britanniques en ont toujours: « There is no such thing as public money ». Qu’on le dépense pour la Défense ou qu’on le dépense pour le civil, c’est quand même toujours de l’argent public. Et l’argent public, c’est le fruit de nos impôts.
Dire qu’on ne doit plus acheter de F‑35, mais qu’on doit acheter des hélicoptères, c’est non. On doit acheter des F‑35 et des hélicoptères. Et profitons de cet effort colossal que nous devons faire pour nous mettre enfin à niveau dans nos dépenses militaires, pour voir justement dans quelle mesure, en termes de dual use, on peut utiliser ces budgets militaires, ce que nous faisons déjà. Je pense que c’est aussi important à dire.
Je reviens sur les agriculteurs, mais aussi sur toutes les personnes qui ont proposé leur aide. C’est déjà un des premiers points d’amélioration que j’ai signalés. Dès samedi soir – ou c’était dimanche, vous m’excusez si je me trompe de jour –, j’ai indiqué aux services du gouverneur qu’un des premiers points d’amélioration que nous pouvons avoir, c’est que dès qu’on déclenche une phase de crise, on ait un système – je sais que cela existe déjà dans certaines communes – de numéros à appeler, avec des gens qui peuvent récolter les propositions d’aide, faire des tableaux Excel dynamiques, et qu’on ait cet élément de coordination qui peut être versé au niveau de la cellule stratégique ou éventuellement du PC-Ops, c’est encore à déterminer. Voilà un premier élément.
Monsieur Frank, un deuxième élément d’amélioration, c’est en effet le système EMRIC. Il n’a pas fonctionné comme il aurait dû fonctionner, donc c’est certainement aussi un point d’amélioration que nous devons examiner. Ce sont déjà deux éléments. Il y en a bien sûr d’autres qui surgiront quand nous ferons l’évaluation de ce qui s’est passé.
Wat de aantrekkelijkheid van het beroep van brandweerman of -vrouw betreft, heeft het brandweerorgaan zijn visie daarover uitgeschreven. Dat gebeurde na consultatie van heel wat actoren. De aantrekkelijkheid van de functie van brandweerman of -vrouw maakt daar deel van uit, maar ik herhaal nogmaals dat er op dit moment geen probleem is wat de attractiviteit van de job van professionele brandweerman of -vrouw betreft. De uitdaging ligt vooral in de retentie.
Ce n’est pas la même chose. Lorsqu’un poste de pompier est ouvert, il n’y a pas de problème de recrutement. Il y a davantage de candidats que de places disponibles. Le problème se situe plutôt au niveau de la rétention du personnel. Ce n’est pas un problème que je néglige, mais encore faut-il bien identifier de quoi nous parlons.
Madame Schlitz, vous m’avez demandé des chiffres précis. En 2025, on comptait 10 088 pompiers volontaires pour 6 895 pompiers professionnels. En 2020, ces chiffres étaient respectivement de 10 906 volontaires et 6 407 professionnels. Nous constatons donc une légère augmentation du nombre de professionnels et, à l’inverse, une diminution du nombre de volontaires. J’ai entendu certains, notamment le très actif président de la Fédération francophone et germanophone des pompiers, plaider pour un corps composé exclusivement de pompiers professionnels. Je peux vous le dire, puisque je l’ai suffisamment lu et entendu à plusieurs reprises.
Cela étant, les représentants des pompiers volontaires accueillent cette proposition avec une certaine réserve (?). La question du cumul entre une activité de pompier professionnel et celle de pompier volontaire dans une autre zone constitue une problématique qu’il faut prendre à bras-le-corps. Le fait que des pompiers professionnels sont en même temps volontaires dans une autre zone de secours et exercent une autre activité, constitue un sujet de préoccupation. Un pompier qui effectue bien son travail est un pompier qui dort et qui prend le temps de se reposer.
Je regrette, d’ailleurs, sincèrement que les organisations syndicales des pompiers aient refusé de participer à la journée de travail et au conclave que nous avons organisés avec le secteur. Elles ont fait le choix de ne pas y prendre part. Je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure manière de mener un dialogue constructif. À l’inverse, les représentants des pompiers volontaires ont, eux, participé à ces réunions. Je rappelle également que nous sommes dans ce beau pays qu’est la Belgique, où le ministre de l’Intérieur est responsable du cadre légal de travail et de la dotation des zones de secours.
Certains considèrent que les dotations fédérales sont insuffisantes. Je pense même que, si elles étaient triplées, certains continueraient à les juger insuffisantes. Néanmoins, j’ai pris mes responsabilités. Les dotations ont été augmentées de 17,5 millions d’euros et elles seront, désormais, indexées automatiquement. La responsabilité de l’organisation des services d’incendie demeure toutefois locale. Cela explique beaucoup des éléments évoqués aujourd’hui. Mais nous sommes aussi dans un pays qui, si nous n’y prenons pas garde, risque parfois de s’enfermer dans un excès de sous-localisme.
Ce n’est pas moi qui détermine le nombre de pompiers professionnels et volontaires nécessaires. Cette responsabilité revient à chaque zone de secours. Et dans ce contexte de sous-localisme, lorsqu’on parle de moyens, il existe déjà une marge permettant d’en dégager jusqu’à 30 % supplémentaires.
Ma directrice générale de la Sécurité civile le sait, car je lui répète régulièrement: je souhaite avancer très rapidement vers la mise en place d’une centrale d’achat obligatoire pour le matériel des pompiers. Aujourd’hui, un camion de pompiers – une autopompe classique, je ne parle pas ici du matériel spécifique – coûte environ 30 % plus cher en Belgique qu’en France. Pourquoi? Parce qu’en France, il existe une centrale d’achat unique.
En Belgique, en revanche, chacun, dans son coin, pense être plus malin que l’autre et savoir mieux que les autres quel camion il lui faut. Je parle bien du véhicule de base. Lorsque je dis cela, on n’ose pas me contredire parce que cela relève tout simplement du bon sens. Mais quand viendra le moment de le mettre en œuvre, je compte sur chacun d’entre vous et surtout ceux qui opinent du chef – M. Thiébaut aime souvent parler de mon langage corporel mais je parle aussi du sien – pour m’appuyer lorsque vous retournerez auprès de vos zones de secours pour leur dire: « Les gars, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée, finalement! »
Puisque nous parlons du matériel, il est faux de dire que nous n’avons rien fait. C’est tout simplement faux! À un moment donné, il faut quand même pouvoir dire la vérité. Des zones de pompiers – vous l’avez dit aussi monsieur Thiébaut –ont commencé à acheter du matériel spécifique pour lutter contre les feux de forêt. Nous avons également formé des pompiers. Le problème, de nouveau, c’est que lorsqu’un pompier part se former en France pour acquérir une expertise en la matière, afin de pouvoir repérer l’origine du feu et savoir s’il est criminel ou non, certains, au lieu de s’en réjouir, prétendront que ce n’est pas à lui de le faire, que cette prérogative incombe à la police, à la police judiciaire. Et cela devient alors un reproche. Si je ne me trompe pas, le cas concerne le chef de corps de la zone Luxembourg.
Peut-être! Mais il faut aussi être capable de regarder ce qui se passe et se fait concrètement. Je ne suis pas de ceux qui exigent qu’on dise que tout ce que je fais est bien. Ce n’est pas du tout ce que j’attends. En un an et demi, en tant que ministre, j’ai d’ailleurs bien compris qu’il ne fallait pas y compter. Mais il faut quand même, à un moment donné, regarder la réalité et reconnaître ce qui se fait.
Faut-il continuer à le faire? Bien entendu! Il faut continuer à investir dans la formation. Il faut continuer à investir dans le matériel.
Concernant les Fagnes, pour celles et ceux qui s’y sont déjà rendus – cela faisait longtemps pour ma part, mais évidemment j’y suis allé lorsque j’étais scout dans une autre vie – l’un des principaux problèmes rencontrés sur le terrain est que la Fagne est inaccessible, voire strictement inaccessible.
Il faudra donc s’y préparer. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec les acteurs de terrain. Que me disent les pompiers, la protection civile et les agents du DNF? Parce qu’on a oublié de parler du SPW. De nombreux intervenants étaient présents, mais soit.
Pour protéger la Fagne, ne faudra-t-il pas penser, à un moment, à l’un ou l’autre chemin qui la traverse? Là, il y aura une vraie question. Nous allons nous retrouver, entre autres, avec nos amis Ecolo-Groen, qui portent peut-être plus que d’autres ce combat-là. Il faudra voir ce que nous voulons faire; mais nous ne pouvons pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Cela ne marche pas!
(…)
Ma réplique :
Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): Je vous remercie, monsieur le ministre, pour vos réponses.
Je n’ai, toutefois, pas réellement obtenu de réponse à ma question centrale, qui portait précisément sur la manière dont nous étions préparés à cette catastrophe. De nouveau, vous nous avez présenté une série d’éléments qui sont tout à fait pertinents et qui font partie du débriefing général.
Mais lorsque vous nous expliquez qu’il a fallu, en temps réel, alors qu’un Canadair devait s’approvisionner dans le canal, rechercher le numéro de la personne chargée d’y interrompre le trafic, afin de suspendre le passage des péniches, vous nous indiquez vous-même que cela a pris du temps.
Bernard Quintin, ministre: Non, je n’ai pas dit cela! Je n’ai pas dit qu’il fallait chercher le numéro du responsable! Il ne faut pas mentir. J’ai dit qu’il fallait contacter la personne du SPW qui en est responsable et cela ne relève pas de ma compétence. Cette compétence est régionale, madame Schlitz! On peut dire beaucoup de choses, mais mentir, je ne l’accepte pas!
Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): Et comment le contacte-t-on?
Bref, lorsque vous nous dites que, quand on a besoin d’aller chercher de l’eau pour éteindre un incendie, on se demande comment interrompre le trafic, que cela prend du temps, que l’on se rend compte que cela ne convient pas et qu’il va falloir s’approvisionner ailleurs, c’est exactement le type d’information dont il fallait disposer à l’avance afin de savoir où ces appareils pouvaient s’approvisionner. C’est évident!
Bernard Quintin, ministre: Je ne suis pas d’accord! Vous n’avez pas écouté!
Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): C’est normal de se poser la question, au moment où il faut aller chercher de l’eau pour éteindre l’incendie, de savoir où la trouver!? Bien sûr que j’ai écouté tout ce que vous avez dit. Je ne vous permets pas de dire ceci. Laissez-moi terminer!
Je pense effectivement qu’il y a un manque de préparation et ce à quoi nous assistons a quelque chose d’assez révélateur. Votre collègue de gouvernement pas très loyal, M. Crucke, a déclaré dans la presse que vous n’aviez pas participé à la réunion du 30 juin qu’il avait convoquée pour discuter précisément de ce fameux rapport contenant des pistes très concrètes concernant les Fagnes. Ce sont ses propos, pas les miens! Cette réunion, en pleine période de canicule, aurait peut-être justement constitué une occasion utile de préparation afin de réfléchir à la manière de gérer un incendie dans les Fagnes.
Vous nous parlez du problème des flexi-jobs chez les pompiers. Je vous invite à soumettre le point au bureau de parti. Car qui multiplie les flexi-jobs à tout va sans réfléchir aux conséquences, notamment en termes de sécurité? C’est votre collègue Clarinval.
C’est un sujet que j’ai soulevé pendant la commission, au moment où le texte a été discuté: la fatigue des travailleurs de première ligne qui font des pauses, qui travaillent de nuit et qui, après, vont enchaîner avec des flexi-jobs. Ces remarques ont été balayées de la main. Maintenant, vous venez nous dire: « Oui, c’est un vrai problème, il faut le mettre sur la table ». Eh bien, allons-y! Mettons-le sur la table! Mais il aurait peut-être fallu y réfléchir au moment où on élaborait cette loi qui étendait les flexi-jobs à tous les secteurs.
Vous nous dites: « On verra bien la tête des Ecolo quand on va vouloir construire des routes dans les Fagnes pour accéder aux zones! » En fait, je pense que vous ne vous rendez pas bien compte de comment sont les Fagnes. On parle de tourbières. Il est même compliqué d’installer des caillebottis dans ce type d’environnement. Il y a, en effet, des solutions à mettre en place, notamment via la surveillance par drone ou d’autres moyens.
Je pense que, à nouveau, vous faites fausse route en voulant opposer la préservation de la nature, qui est indispensable à notre atténuation de l’impact des conséquences du changement climatique, d’une part, et les mesures de prévention, d’autre part.
On ne peut pas opposer les deux. On doit réfléchir justement à comment les intégrer et faire en sorte d’avoir un territoire le plus résilient possible, en sachant que la crise climatique est perverse et génère des phénomènes qui s’accentuent les uns les autres. C’est tout le principe et toute la difficulté à laquelle nous sommes confrontés. Prétendre qu’il faudrait détruire une partie des espaces naturels pour pouvoir les protéger, c’est un non-sens.
Par contre, vous pouvez vous estimer heureux que les gouvernements wallons précédents ont débloqué des budgets pour la restauration de la nature, grâce auxquels, dans le parc des Hautes Fagnes, ont été rebouchés les drains qui avaient été conçus par l’homme, remettant ainsi certaines zones sous eau. Cela a sans doute limité l’impact de l’incendie. Nous pourrons le savoir au moment de l’évaluation.
Ce sont des éléments pertinents pour rendre nos territoires plus résilients. Je peux vous donner d’autres idées. Arrêter, par exemple, de bétonniser à tout va nos espaces verts, nos zones inondables ou encore les rares derniers parcs que nous avons en ville. À 500 mètres de chez moi, il y a un espace vert sur lequel on veut construire un hôtel et des kots. Est-ce bien raisonnable, alors que nous suffoquons? Nous avons suffoqué tout l’été.
Je pense en effet qu’il faut des mesures radicales pour répondre à cette urgence. Cela ne fait aucun doute. Mais il ne faut pas opposer, d’une part les politiques d’adaptation et de limitation des émissions de gaz à effet de serre et, d’autre part, la protection des territoires. Ces deux dimensions sont complémentaires et doivent être mises en œuvre conjointement.
J’ai aussi entendu, du côté du MR, qu’on veut refinancer les provinces. C’est drôle. J’ai notamment entendu Mme Delcourt appeler à un refinancement des équipes du gouverneur. Je pense effectivement qu’il est indispensable de mettre en place une évaluation du fonctionnement de cette chaîne.
Aujourd’hui, nous ne pouvons plus continuer à fonctionner de cette manière. Le poste de gouverneur peut être mobilisé uniquement en période de crise, tandis qu’il est consacré à des missions moins urgentes le reste de l’année – je vous vois lever les yeux au ciel, c’est désagréable.
Selon moi, cette organisation ne correspond pas aux besoins actuels de notre population lorsqu’il s’agit d’assurer sa protection face à des cas tels que les inondations ou les incendies. Je crois que nous devrions nous inspirer, par exemple, du modèle français afin de faire évoluer cette fonction vers un modèle davantage adapté aux besoins d’aujourd’hui.
Monsieur le ministre, je comprends évidemment votre inquiétude. Nous n’avons pas pris la pleine mesure des événements. D’entrée de jeu, votre gouvernement a décidé de s’asseoir sur les questions climatiques. L’accord de majorité mentionne de manière extrêmement réduite l’enjeu auquel nous faisons face. Vous le saviez. De plus, cet accord conditionne systématiquement la prise en compte des enjeux climatiques à d’autres considérations, notamment notre compétitivité économique ou la santé de nos entreprises. Pourtant, aujourd’hui, nos entreprises elles-mêmes intègrent déjà le changement climatique dans leurs stratégies et leurs plans de développement. Elles montrent la voie. Ce sont les responsables politiques qui, sur ce sujet, sont à la traîne sur toute la ligne. Dès lors, l’heure est à l’action.
L’heure est d’une part à l’action pour adapter nos territoires. De nombreuses mesures existent déjà pour mettre en place cette adaptation. D’autre part, il faut continuer à limiter drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Chaque tonne de CO2 injectée dans l’atmosphère contribue à aggraver le problème. Nous le savons. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons agir pour limiter ces émissions. Il y a des leviers. Des solutions sont prêtes et sont sur la table.
Aujourd’hui, la solution n’est certainement pas de ne pas agir. L’inaction n’est pas une option gratuite. C’est, au contraire, l’option qui consiste à payer cinq fois plus cher plus tard, avec des coûts humains, environnementaux et de qualité de vie dramatiques. C’est pourquoi j’en appelle réellement au gouvernement pour qu’il dépasse les guéguerres et les attaques, en particulier vos attaques sur Ecolo-Groen, où vous dites: « c’est la faute des écologistes », cela ne fait pas avancer le débat. Je vous invite plutôt à vous asseoir autour de la table afin de trouver des solutions et à prendre pleinement la mesure de ce qui vient de se produire. Trois mille hectares de Fagnes sont partis en fumée. Un joyau naturel et touristique a été détruit. Tout un secteur économique risque d’éprouver les plus grandes difficultés à se relever. J’espère donc que cette catastrophe n’aura pas été vaine. J’espère surtout que vous serez à la hauteur de la perte subie par la population. Et j’espère que vous reviendrez avec des budgets concrets, et pas seulement avec des intentions.
Victoria Vandeberg (députée MR): (…)
Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): Qu’ont encore fait les écologistes, selon vous?
Victoria Vandeberg (MR): (…)
Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): Le climato-scepticisme de votre gouvernement pendant des décennies a refusé de prendre la mesure de ce qui est en train de se passer. Aujourd’hui, venir accuser de cette situation les écologistes me paraît incroyable. La ficelle est un peu grosse, madame Vandenberg.
Je pense qu’aujourd’hui, on a besoin d’un plan ambitieux qui intègre l’ensemble des citoyens et qui tienne compte des inégalités sociales. Parce qu’aujourd’hui, si on laisse les choses se mettre en place selon des actions individuelles, ce sont les inégalités sociales qui se répercuteront dans la façon dont les choses se mettent en place. Certains vont isoler leurs maisons, installer la clim, pouvoir se construire une piscine pour se protéger eux-mêmes et leurs familles des conséquences du dérèglement climatique. Et puis, il y a ceux qui sont locataires captifs dans des appartements surchauffés contre lesquels ils ne peuvent rien faire, et qui vont en subir les conséquences. Aujourd’hui, c’est pour cela que nous avons besoin d’une action publique forte, d’une action de votre gouvernement, une action coordonnée avec l’ensemble des gouvernements pour faire en sorte à la fois d’être prêts pour ce type de catastrophe et d’adapter nos sociétés à la nouvelle réalité que sont les dérèglements climatiques. Nous continuerons à insister sur cet aspect.
Je vous remercie.

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