La proposition de loi du groupe Ecolo-Groen visant à interdire la production et la mise sur le marché de pesticides contenant des PFAS a été rejetée aujourd’hui à la Chambre par les partis de la majorité : 10 votes contre, 2 votes pour. Une erreur monumentale pour la santé des Belges, l’environnement et les générations futures.
Pour Sarah Schlitz, cheffe du groupe Ecolo : « Le procès contre l’entreprise 3M porté par 1 400 riverains pour la contamination aux PFAS des terrains autour du site, qui débute aujourd’hui, devrait pousser le politique à agir pour protéger la population de nouveaux scandales de ce type. Les habitants de Zwijndrecht, la commune sur laquelle l’usine est implantée, présentent des taux de PFAS dans le sang anormalement élevés. Tout leur quotidien est rythmé par cette contamination : ils ne peuvent pas consommer les légumes qui poussent dans leur jardin, les oeufs de leurs poules, leurs enfants doivent éviter de jouer dans la terre… C’est eux qui mettent leur énergie dans le combat juridique. Et l’Arizona choisi d’abandonner ces familles en fermant les yeux sur ce scandale sanitaire alors que la science a déjà démontré l’impact des PFAS sur la santé, notamment le développement de cancers.
La Belgique est un gros consommateur de PFAS. Nous en utilisons deux fois plus qu’en France. Et leur usage augmente de façon exponentielle. Entre 2011 et 2021, leurs ventes ont progressé de 20 %. En 2022, elles ont encore bondi de 22 %, atteignant plus de 292 tonnes de substances actives.
Au cœur du problème : le TFA (acide trifluoroacétique), une substance présente dans les pesticides PFAS. Cette molécule ultra-courte échappe aux systèmes de filtration classiques et est aujourd’hui considéré comme l’un des PFAS les plus abondants dans l’environnement.
« Pendant que les procédures européennes s’éternisent, la contamination progresse et s’accélère. Nous n’avons plus le luxe d’attendre dix ans. On retrouve ces polluants dans nos terres agricoles, dans nos nappes phréatiques, dans l’eau que nous buvons. Or les eaux souterraines constituent la principale source d’eau de distribution en Belgique. C’est une question majeure de santé publique. » rappelle Sarah Schlitz.
On sait déjà que l’inaction aurait un coût colossal. Une enquête de la RTBF et d’un consortium international de journalistes évoque jusqu’à 100 milliards d’euros par an en Europe, à perpétuité, pour éliminer les PFAS à chaîne courte et ultra-courte.
« Voilà la facture que nous laisserions à nos enfants, petits-enfants, arrière-arrière-petits-enfants. Continuer à disséminer ces substances en sachant que leur dépollution coûtera des milliards n’est pas responsable. Sans parler des couts en matière de soin de santé. » explique la députée Sarah Schlitz.
La compétence d’interdire ces pesticides à la source relève du niveau fédéral. Attendre que l’Union européenne finalise ses normes — dont certaines ne seront pleinement applicables qu’en 2039 — est totalement irresponsable.

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