Intervention au nom de la Belgique à l’occasion du débat général

 

 

 

Madame la Présidente,

Distingués représentants et représentantes,

Mesdames et Messieurs,

 

 

Nous nous réunissons en des temps extraordinaires. Permettez-moi tout d’abord d’exprimer la pleine solidarité de la Belgique vis-à-vis de toutes les femmes et les filles vivant dans des situations de conflit et d’autres situations d’urgence. Nous savons que les femmes et les filles sont particulièrement touchées par les crises. Nous sommes solidaires des femmes et des filles en Ukraine, qui font preuve de résilience et de courage face à l’agression russe. En seulement deux semaines, des millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer, parmi eux beaucoup sont des femmes et des filles. Nous sommes consternés par les informations faisant état de violences sexuelles et basée sur le genre perpétrées par les forces armées russes. Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine, qui viole gravement le droit international et la Charte des Nations Unies, et sape la sécurité et la stabilité internationales. Nous exigeons que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine et  se retire du territoire ukrainien.

 

 

Mesdames et Messieurs,

Si le dérèglement climatique et la dégradation de l’environnement touchent l’ensemble de la population, leurs conséquences exacerbent les inégalités de genre et affectent les femmes et les filles de manière disproportionnée. Les questions d’égalité de genre et d’environnement sont indissociablement liées.

La Belgique souhaite à cet égard rappeler l’importance des politiques intégrées. Ces politiques doivent tenir compte à la fois de la pleine jouissance par les femmes et les filles de tous les droits humains mais aussi des considérations environnementales et climatiques. Pour ce faire, une analyse de genre, basée sur des données ventilées, doit être appliquée à tout le cycle d’élaboration des politiques. Cette approche de gender mainstreaming est mise en œuvre dans mon pays depuis de nombreuses années. Les plans visent notamment l’intégration de la dimension de genre dans les politiques environnementales et climatiques.

La Belgique préconise également une approche intersectionnelle dans ce contexte, prenant en compte les spécificités de certains groupes-cibles. Le changement climatique et la dégradation de l’environnement ont un impact plus important sur les personnes en situation de vulnérabilité, parfois avec des risques cumulés. Il est donc nécessaire d’accorder une attention simultanée au genre, à l’âge, à la couleur de peau et aux origines ethniques, au handicap, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, à la pauvreté, à la situation sociale et professionnelle, aux responsabilités en matière de soins, etc.. Cela n’est pas uniquement valable pour les pays du sud. Cet été les dramatiques inondations en Europe ont impacté plus fortement certains publics fragilisés. La représentation de tous ces groupes est primordiale pour une transition écologique juste.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Comme dans d’autres domaines, les femmes et les filles sont encore trop souvent sous-représentées dans la prise de décision liée au climat et à l’environnement. Leur participation pleine et égale est un objectif en soi pour atteindre l’égalité des genres, mais elle est également cruciale pour garantir que l’élaboration des politiques environnementales et climatiques intègre la dimension de genre et puisse bénéficier des connaissances et expériences spécifiques des femmes et des filles. Les conditions nécessaires doivent être créées pour permettre aux femmes et aux filles de réaliser pleinement leur rôle d’agents du changement. Je veux saluer ici les nombreuses femmes et filles sur le terrain qui luttent déjà pour la protection de notre planète.

Une société civile libre, diverse et florissante a un rôle important à jouer. Il faut reconnaître, soutenir et protéger les organisations de la société civile, les défenseuses et défenseurs des droits humains et du climat, les journalistes et les travailleuses de media, en particulier quand elles et ils risquent leur vie et santé en protégeant notre démocratie et notre environnement.

 

La dégradation de l’environnement et le changement climatique ont des effets néfastes sur la santé des femmes et des filles, y compris sur leur santé sexuelle et reproductive. La santé et les droits sexuels et reproductifs font partie intégrante des droits humains des femmes et des filles, dans toute leur diversité. Ils doivent donc être pris en compte dans l’ensemble des politiques et programmes environnementaux et climatiques. Cela inclut : garantir un accès universel et ininterrompu à la contraception, aux services de santé sexuelle et reproductive, sans discrimination, et une éducation globale à la sexualité. Et c’est au moment où ces services sont sous pression, comme lors de crises humanitaires et de situations de déplacement liées à la dégradation de l’environnement et au changement climatique, qu’il faut encore plus y prêter attention.

 

Mesdames, Messieurs,

 

La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation grave de leurs droits humains et une forme préoccupante de discrimination de genre. Lutter contre des violences est pour nous une priorité.

La Belgique vient à nouveau de s’engager collectivement dans cette lutte en adoptant son sixième plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre. Il s’inscrit pleinement dans le suivi de la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention et la lutte contre la violence faite aux femmes et la violence domestique.

La Belgique s’est donc engagée à mettre en œuvre plus de 200 mesures, en coopération avec la société civile et en renforçant la gouvernance pour une coordination accrue et un meilleur suivi de l’ensemble des autorités concernées.

Le changement climatique et la dégradation de l’environnement augmentent le taux d’incidence de la violence sexuelle et le risque de précarité. Il faut donc considérer la lutte contre ces violences comme une priorité, aussi dans le cadre des politiques environnementales et climatiques.

Nous souhaitons des conclusions fortes qui concrétisent l’égalité des genres comme fondement d’un monde durable.

 

Je vous remercie.

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