Question posée au ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke. Le compte-rendu est à retrouver ici.
Ma question :
Sous la précédente législature, le ministre Gilkinet avait soutenu un projet ambitieux et essentiel pour la Ville de Namur, à savoir la construction d’une passerelle cyclo-piétonne à proximité de la gare.
Si vous connaissez un peu la situation actuelle, vous savez que la nouvelle gare présente de nombreux avantages, mais aussi un inconvénient de taille : elle a eu pour effet d’isoler le quartier de Bomel. Pour rallier le centre-ville, il faut désormais obligatoirement transiter par la gare. Les cyclistes sont contraints de mettre pied à terre et d’emprunter des ascenseurs ou des escalators, ce qui est évidemment peu confortable.
Pour concrétiser ce projet de passerelle, une étude de faisabilité avait été lancée afin d’en évaluer la viabilité technique et financière. Cette étude devait également identifier les solutions permettant d’améliorer la circulation des vélos aux abords de la gare et de développer des infrastructures de stationnement adaptées.
Je viens donc aux nouvelles : où en est l’étude de faisabilité commandée sous la législature précédente ? Des conclusions intermédiaires sont-elles déjà disponibles ? Un calendrier a-t-il été établi pour les prochaines étapes du projet ? Êtes-vous favorable à sa poursuite ? Si oui, votre gouvernement s’engage-t-il à en financer la réalisation ?
Réponse du ministre :
Je vous confirme que je connais bien la situation, pour avoir mon cabinet à proximité de la gare de Namur.
L’étude de faisabilité relative à la passerelle cyclo-piétonne de Namur est actuellement dans sa troisième phase et devrait être finalisée à court terme. Les deux premières phases ont déjà permis de dégager plusieurs orientations concrètes. L’étude a également mis en évidence un certain nombre de contraintes et la nécessité de trouver des compromis en matière d’affectation de l’espace public.
Au sud de la gare, la localisation actuelle des taxis devrait être revue. Au nord, une partie du périmètre d’un parking régional serait mobilisée, ce qui suscite déjà certaines réserves au regard de projets de places de stationnement équipées de bornes de recharge électrique et de dispositifs de sécurisation.
La troisième et dernière phase de l’étude porte désormais sur la recherche d’une solution permettant de relier l’est et l’ouest de la gare historique. À cet égard, la SNCB considère qu’un passage à l’arrière de la gare n’est pas envisageable, tandis que la Région wallonne et la Ville de Namur souhaitent continuer à examiner cette option, notamment sous l’angle de la sécurité. Plusieurs consultations ont déjà eu lieu entre les différentes parties prenantes.
Je resterai attentif à ce dossier, qui s’inscrit dans une volonté d’améliorer l’accessibilité et la mobilité active autour des pôles multimodaux. Les conclusions finales de l’étude permettront, me semble-t-il, d’évaluer les suites à réserver au projet, les modalités éventuelles de sa mise en œuvre ainsi que, comme vous l’avez souligné, les questions relatives à son financement, en concertation avec les acteurs concernés.
Ma réplique :
Monsieur le ministre, je vous remercie pour ces précisions. Je suis heureuse d’apprendre que ce dossier continue à avancer. Il est essentiel de préserver une hiérarchie claire des modes de déplacement : d’abord les piétons, qui sont les usagers les plus vulnérables, puis les cyclistes, avant les transports en commun et, enfin, la voiture.
Je comprends les réticences que peut susciter la suppression ou le déplacement de quelques places de stationnement. Toutefois, de tels arbitrages sont parfois nécessaires pour améliorer la mobilité de manière cohérente et sécurisée. Aujourd’hui, la situation aux abords de la gare est à la fois peu pratique et potentiellement dangereuse pour les cyclistes.
Pour garantir une mobilité agréable, accessible et sûre pour toutes et tous, il est indispensable de privilégier l’option la plus ambitieuse. Une solution de compromis qui chercherait avant tout à préserver l’existant risquerait, au contraire, de se faire au détriment des usagers les plus vulnérables.

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